‹ Inventaires de la Basilique royale de MonzaChapitre 28 sur 34 · LARCHIPRETRE ET LES CHANOINES · texte numérisé non relu

LARCHIPRETRE ET LES CHANOINES

1. Le bas-relief vient de nous montrer l'archiprêtre de Monza officiant pontificalement avec la crosse, la mitre et les gants. Il jouissait encore d'autres privilèges personnels que c'est ici le lieu de rappeler.

En 1256, le pape Alexandre IV lui concédait l'usage de l'anneau : « Ecclesia Romana, velut circumspecta mater et provida, nonnullas ecclesias tanquam filias predilectas majoribus effert honoribus, munere prsè venit gratise potioris et insignit titulis dignitatum. Cum igitur ecclesiam vestram et personas ipsius, ex prserogativa specialis dilectionis et gratise sinceritatis brachiis complexemur, Nos, vestris supplicationibus inclinati, usum annuli tibi, fîli archipresbyter, et tuis successoribus auctoritate prsesentium duximus concedendum. » (Frisi, t. II, p. 127.)

Le cérémonial du xmc siècle donne pour siège à l'archiprêtre un faldistoire : « Archipresbitero sedente super faldestorio. » (Frisi, t. III, p. 196.) — «Et juxta altare ponitur faldestodium cooperto ( coopertum ) pallio. » [Ibid.y p. 196.)

Le 2 juillet 1712 seulement , la Congrégation des Rites l'autorisa à le surmonter d'un dais, chaque fois qu'il officie, mais en se conformant aux décrets généraux d'Alexandre YII(l), sur l'usage des pontificaux des prélats inférieurs : « Mediolanen. RemissaaSanctissimo Domino nostro Clémente papa XI ad sacram Rituum Congregationem supplicatione capituli et cleri communitatis oppidi Modoetiae, diœcesis Mediolanensis, Sanctitati Suœ enixe supplicantium pro indulto usus baldachini pro archipresbitero mitrato collegiatae ecclesiae sancti Johannis Baptistse oppidi prœdicti, dum pontificalia exercet, eodem modo quo se gerunt prsepositi Piceleonis etsanctse Agathae, Cremonen. nec non Cotonei, Lauden. diœcesis, qui usum pontificalium habent; Sacra eadem Rituum Congregatio , audita relatione Yicarii Capitularis civitatis Mediolani, respondit : Pro gratia, ad formam decretorum generalium S. M. Alexandri Papœ VII, diei 27 septembris 1659, editorum circa usum pontificalium prselatis episcopo inferioribus concessorum. Hac die 2 julii 1712. G. Gard. Garpineus. » (Frisi, t. II, p. 260.)

(1) J'ai donné ce décret dans mon Traité 'pratique de la construction des églises, t. II, p. 321-326. J'en extrais ce qui concerne le dais : » Baldachinum adhibere supra sedem poterunt, non pretiosum aut aureum, sed simplex et eo quod altari superius ponitur materia et opère inferius; ad ipsam autem per duos tantum gradus in presbyterii superficie stratos ascendatur. »

Au chœur, l'archiprêtre portait la cappa violette, qu'il a toujours gardée depuis, même après le changement de costume des chanoines.

Il avait encore le pouvoir de consacrer les calices et patènes. C'est pourquoi, dans les anciens livres du chapitre, on* trouve des oraisons spéciales « ad consecrandam patenam, ad benedicendum calicem ». (Frisi, t. I, p. 39.)

Le 13 avril 1771, Clément XIV compléta tous ces privilèges en lui octroyant la faculté de donner la bénédiction papale le jour de la Pentecôte, avec autorisation toutefois de l'archevêque, à qui le bref est adressé : « Propensi valde sumus ad dilectum fîlium Michaelem Sangiorgium, archiprsesbiterum collegiatee ecclesiae sancti Johannis Baptistee de Modoetia, apostolico beneficio prosequendum , et cujus prœdecessores sacrae mémorise Sixtus V, prsedecessor noster, pontificalibusinsignibus decorandos judicavit, eumdem Nos nostro auctum ornatumque esse privilegio, quod preesertim in spiritualem fîdelium utilitatem cedat, vehementer cupimus. Annuimus itaque ejusdem postulato, quod in supplici libello Nobis exhibuit, ut scilicet quotannis pontificiam benedictionem dominico Pentecostes die impertiri populo possit, sed ea annuimus lege, si tuus, dilecte Fili noster, consensus accessit. Eumdem igitur supplicem libellum hisce nostris conjunctum tibi transmittimus , ut de ejusdem graciae opportunitate ipse, qui es in re presenti, judices eidemque archipresbytero tradas , si illius usus probandus tibi esse videbitur. » (Frisi, t. II, p. 269, 270.)

2. De l'archiprêtre, chef et dignité du chapitre, il est juste que je passe aux chanoines ses collègues.

Frisi assure qu'ils portèrent, pendant le moyen âge,

la cappa noire rhiver(l) et la cotta l'été, jusqu'à ce que saint Charles Borromée, en 1584, obtînt du Saint-Siège pour les chanoines l'aumusse et, pour l'archiprêtre, la cappa violette. (Frisi, t. III, p. 195.)

En 1243, l'archiprêtre de Monza ordonna aux chanoines de l'église de Saint-Julien de Gollonia de porter aux offices et aux obsèques la chape noire ou la cotte blanche : « Dominus Albricus de Opreno, Dei gracia

Modoeciensis ecclesie archipresbyter, precepit ut

quiiibet eorum portet capam nigram aut cotam albam in ofiitio matutinali et in missa et in vesperis in ecclesia sancti Julliani et quando vadunt ad obsequias mortuo-

rum Item interdixit illum vel illos qui non servarent

omnia ista precepta, in quo interdicto si starent vel staret aliquis illorum, illum vel illos excomunicavit. » (Frisi, t. II, p. 113.)

En 1748, Benoît XIV accorda par bulle aux chanoines de la basilique de Monza le rochet et la cappa violette, à chaperon de vair (2) en hiver et de soie violette en été (3):

(1) La cappa canoniale, dans la fresque de 1444, ressemble à celle de certains ordres religieux. Elle est un peu moins longue que la robe talaire, ouverte en avant et munie d'un petit capuchon, qui rejoint au cou.

(2) C'est-à-dire mi-partie hermine et petit-gris, suivant un usage très-fréquent au moyen âge. Les aumusses étaient généralement de cette façon; j'en ai trouvé des exemples à Moutiers en Savoie.

(3) Il va sans dire que la cappa est retroussée, comme il convient aux chanoines, l'évêque seul pouvant la porter déployée dans son diocèse. Dans tout le Milanais, le chaperon a conservé sa forme bizarre du moyen âge, que Rome a répudiée depuis longtemps. Cependant comme le type se voit dans tous les anciens tableaux, il était utile de le signa-

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