‹ Inventaires de la Basilique royale de MonzaChapitre 34 sur 34 · H. DE M · texte numérisé non relu

H. DE M

Paulin de Noie ; celte sentence trouve ici son application directe, d'autant mieux que le texte n'est guère antérieur au monument que de près de deux siècles. Aux hautes époques, les traditions étaient vivaces et pénétraient partout.

La découverte (si découverte il y a, car ces peintures étaient plutôt méconnues qu'inconnues) d'un dessin authentique des deux calices et de la couronne a une importance capitale au point de vue de l'archéologie lombarde. Ce sont trois spécimens nouveaux à ajouter aux trop rares objets de l'orfèvrerie des vie etvir9 siècles : aussi nous sommes-nous décidés à en donner ici une réduction.

5. Si l'on compare ce tableau à l'inventaire, on est tout de suite frappé des notables divergences qui existent entre eux. L'accord ne se fait que sur quatre objets : la croix du royaume, la table d'or, Tévangéliaire et le reliquaire de saint Jean. L'inventaire compte en plus deux patènes, un bénitier, un scyphus, un bassin et un peigne, tandis que le tableau montre, de son coté, la poule, que n'a pas enregistrée le notaire. Enfin l'acte notarié porte cinq calices, quatre couronnes, trois croix, lorsque le peintre ne représente que deux croix, deux couronnes et deux calices. Supposons, "pour établir l'équilibre entre les deux documents, que quelques objets non encore déballés ont été laissés par le peintre au fond du coffre.

A qui donnerons-nous raison en définitive? Exclusivement à l'inventaire, qui est un acte officiel et contemporain de la restitution. Le tableau, au contraire, mérite moins de créance, parce qu'il est postérieur de plus d'un siècle à ce fait : l'artiste s'est alors contenté d'exposer les principales pièces du trésor, sans se préoccuper le

moins du monde de L'inventaire, qui dormait dans les archives, où personne n'y pensait plus.

Quoi qu'il en soit, son œuvre n'est pas purement fantaisiste, car elle équivaut à un inventaire constatant l'état du trésor à la fin du xve siècle, au moins dans ses pièces les plus notables. Déjà le catalogue dressé au retour d'Avignon le montrait singulièrement amoindri ; ici il est réduit à sa plus simple expression, et cette situation fâcheuse ne sera dépassée que par l'état actuel, que l'on peut considérer comme une ruine ou une épave.

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