‹ Inventions et découvertes ou les curieuses originesChapitre 1 sur 66 · Inventions et découvertes ou les curieuses origines · texte numérisé non relu

Inventions et découvertes ou les curieuses origines

Les entants ont tous les jours sous les yeux une foule d'objets dont il faut bien leur expliquer l'usage. 1,'e.nfance est de sa nature si curieuse , si avide de se rendre compte de tout ce qu'elle voit, de tout ce qui l'entoure! On satisfait communément à cet instinct insatiable de curiosité , et l'on a raison ; mais alors qu'on Jui fait admirer les propriétés de tant d'inventions précieuses et de découvertes utiles, il manque, le plus souvent, quelque chose de bien essentiel à ces petits enseignements :

c'est de faire connaître en même temps l'origine et l'histoire de toutes ces choses.

C'est donc pour venir en aide au* familles , dont la mémoire ou la patience pourrait être

laVtHTIOM 1T DÏCOUTIMÏS. 1

2 BIT DE CE l.IVHK.

quelquefois en défaut, et pour fournir aux enfants un aliment toujours récréatif et profitable à leur désir de savoir et d'apprendre , que nous avons eu la pensée de ce petit livre, véritable memenlo qu'ils pourront constamment étudier ou consulter au besoin , qui de bonne heure meublera leur tète de faits curieux, d'idées positives.

Sous sa forme modeste, ce livre est le fruit de nombreuses recherches; nous nous sommes appuyé, en mainte occasion, des travaux et de l'autorité d'hommes bien connus dans la science, tels que MM. Bonafoux, Collet, Daruis, Jacob, de Moléon, Ollife, Redding, Poiteau, Simon (de Nantes), Stouvenel, Virlet, etc. etc. C'est surtout lorsqu'on parle aux enfants qu'il faut s'efforcer d'être toujours dans le vrai, en puisant aux bonnes sources.

INTRODUCTION

Abeii.i.es. — C'est Aristide, roi d'Arcadie, qui apprit le premier aux Grecs l'art d'élever les abeilles, de les rassembler dans des ruches, el de lircr parti de leur ?>-<■ i miel.

Abricotieb. — Il est originaire d'Arménie.

Acajou. — Ce bois, qu'on lire des Indes, n'esl connu en Europe que depuis le commencement du dernier siècle.

AicuiLr.es. — Ou en doit l'invention à une femme grecque : jusque-là on faisait usage d'os pointus, d'épines, d'arêtes de poissons,

AiBAiri. — Avant que le fer fui connu , les hommes employaient fréquemment ce métal ; ils en faisaient des vases, des armes, des faucilles, des haches, des couteaux el même des miroirs.

Alcôte, ~ On croit que la première idée en vient d'Orient ; car le mot aldve dérive du mot arabe el-kavf, qui signifie lien où l'on dort.

INTRODUCTION

Alhanachs. — Nos ancêtres traçaient le cours des lunes pour loule l'année sur un morceau de bois qu'ils appelaient Al Managt; lelle est, dil-on, l'origine des almanuchs.

Alphabet. — On attribue communément aux Assyriens el aui Égyptiens l'invention des lettres ou caractère» alphabétiques.

Amadou. — Celte mèche d'agaric provient d'une espèce de champignon; l'amadou a la propriété bienfaisante d'arrêter les hémorragies. On la lui a découverte en

Ahcres de vaisseau. — Midas, roi de Phrygie, passe pour les avoir invenlécs. On avail employé jusque-là, pour arrêter les vaisseaux , de grosses pierres , des paniers, des sacs remplis de sable çt attachés à des cordes qu'on descendait dans la mer.

Abc. — L'usage de celle arme parait remonter à la plus haute antiquité. f,es Perses apprirent des Modes a manier l'arc et le javelot : les anciens attribuaient l'inlention de l'are J» Apollon.

Ardoise. — Cetle subslance minérale, assez abondante, el dont l'usage est aujourd'hui fort répandu, u'élail pas connue des anciens. i.es premières ardoises furent retirées, dit-on, du pays à'Ardes, en Irlande.

Abt de lustrer la soie. — Octavio Mey avait vu une fortune da plusieurs raillions s'engloutir dans sort commerce, lin jour qu'il rêvait , en se promenant sur les bords de la Saône, au moyen de réparer ses malheurs , il broyait, dans son désespoir, quelques brinade soie enlre ses dents. Celle iiclion donna à la soie un luslre Inaccoutumé. Octavio Mey conçu! aussitôt l'application d'un procédé mécanique qui fit acquérir À la soie le brillant qu'on lui connaît.

iSTBOfiCCTIOrt.

AbpèrCK. — Elle nous Vient d'Asie. Elle croit naturellement dans certains terrains sablonneux. On l'a nullité pour la première fois, en Franc*, m» fan

Bains. — Lee Orientaux sont les premiers qui construisirent des édifices à. l'usage des bains. Les Grecs suivirent cet exemple, et les Romains introduisirent, à leur tour, l'usage des bains dans les Gaules.

Balances.— L'invention des balances est si ancienne, qu'il eu existait du temps d'Abraham.

Balcons.— Ces! un certain Menius qui le premier fil construire, il Home, des balcons chez lui.

IUnoceb. — Ce nom vient du mol italien banco, qui signifie banc. Va banc fiait anciennement établi sur les niiirvlh's des villes do t'iiinmerre d'Italie pour l'échange des monnaies. Chaque négociant avait le sien ; quand ses affaires avaient mal tourné, son banc était cassé (franco ro(to); de lal'origine du mot français banqueroute.

Baromètre.— Cet instrument , qui sert à marquer les variations du temps, à été inventé, SU xvtti' siècle, parTorricelli.

B*& — Henri II porta, en 1889, les premiers has de soie tricotés qu'on ail Vus en France. Le méfier k bas , inventé chez nous, fut transporté en Angleterre, puis réintroduit, en 16B6, par un Français nommé Uindrel. Le perfectionnement de ce métier ne date que de 1808.

Bateaux en métal. — C'est une invention toute rte conte. Le premier baleau en métal qui ail paru dans la Seine est VAaron-Manby; déjà les Anglais avaient fait l'essai de ce genre de baleau pour l'expédition des frères Lander en Afrique.

Baïonnette. — Celle arme, dont l'auteur est resté inconnu, fut inventée à Baronne, comme l'indique son nom.

Bbrline. — Nous en dirons autant de la berline : lu première se fit à Merlin.

Beurre. — Les Grecs en faisaient usa pe ; les Romains en doivent lu connaissance aux Germains. Primitivement on ne s'en servait que comme topique pour les plaies.

Bière. — Cette boisson était celle de la plus grande purlic des habitants de l'ancienne Égyple. Osiris passait pour l'avoir inventée. Comme les Égyptiens, les Gaulois connaissaient deux espèces de bières : l'une d'elles s'appelait cervoise. Celle boisson fiait connue des Germains et des anciens Espagnols.

Bombe. — Le bruit que fait la bombe en Éclatant est l'origine même de son nom. On en fit, pour la première fois , usage en France , en 15Î1 , au siège de Mézières.

Bonnets. — C'est en l'an 1W9, lors de l'entrée de Charles VU à Rouen , qu'on fit les premiers bonnets; jusqu'alors on s'était servi de chaperons ou de capuchons.

Bouclier. — Une des plus anciennes armes défensives. Les Égyptiens s'en attribuaient l'invention.

Bougies. — Ce nom est dérivé, di!-on , de la ville de Bougie en Algérie, anciennement célèbre par son commerce en cire.

Brouettes. — La date précise de leur origine est assez incertaine; elle paraît se rapporler a la fin du xvii" siècle.

Cachets.— Leur usage remonte a la plus haute antiquité. Les cachets des anciens étaient communément gravés sur te chaton des anneaux qu'ils portaient îl leurs doigts.

Cadran solaire. — Son invention remonte aux Chaldéens. On en vit pour la première fois a Rome 262 ans avant Jésus-Christ.

INTHODOCTIOI».

Chandelle. — On s'en sert depuis l'an 4300; jusquelà on ne s'éiail éclaire qu'avec des éclats rie bois et «Ter: de l'huile.

Chanvre. — Le chanvre est verni de la Perse, d'où il passa en Égyple ; Pythagore le rapporta de celle dernière contrée.

Cheminées. — Les anciens paraissent ne les avoir pas connues ; pour se chauffer, ils se tenaient auprès de brasiers pleins de charbons allumés; ce mode de chauffage est encore usité en certains pays.

Chemises. — A la fin du iiv" siècle, l'usage des chemises de toile était fort peu connu; on ne se servait que de chemises de serge.

Chiffres. —Leur origine vient des Arabes r d'où leur nom. C'est en 850 que l'usage en a été transporté d'Orient en Europe.

Chocolat. — C'est du Mexique que les Espagnols, vers l'an 1320, ont apporte en Europe le premier chocolat; il n'a guère été connu en France qu'en 1661.

Cidre. — Boisson fort ancienne : elle était en usage en France bien avant le nti' siècle.

Cibb. — L'invention de la cire !i cacheter ne date que do 1620; elle a pris naissance à Paris.

Coupas. — On en est redevable h Talaùs, neveu de Dédale; on lui attribue du moins l'invention de cet instrument de mathématiques dont on se sert pour décrire des cercles et mesurer des lignes.

Corset. — Son introduction en France, vers 1833, est due a Catherine de Mcdicis.

Couteaux. — Les anciens n'en connaissaient pas l'usage; une espèce rie poignard qu'ils portaient à leur ceinture leur en tenait lieu.

iprraoDWOTioh.

Cruviteb. — On en a emprunté l'usage aux Croates, . qu'on appelait en Fiance cnwahw : ne fut en 1636.

Cuillers, Foi;hchettes. — Elles nous viennent d'Italie, où elles étaient connues dès la tin du x" Siècle. En 1610, les Anglais regardaient encore une fourchette comme un meuble inutile.

Diokahà Celle invention admirable de MM. Bouton

et Daguerre ne date que de trente ans environ.

Dorure. — Cet art, transmis des Crées aui Romains, fut connu à Home vers l'an 371. Jusque-là on couvrait les bustes d'une couleur rouge.

DbaK— Dès les premiers siècles de notre ère, on fabriquait déjà du drap à Arras.

EcaRlate. — C'est un mécanicien du nom de Corneille Drebbel qui, le premier, a trouve l'aride teindre en écarlale.

Écluse.— Celte invention nedateque del'anneeliSl.

Ëdrcdon. — Ce duvet chaud et léger, la nature en a couvert l'estomac d'une espèce de canard iiabitant des mers glaciales, connu sous le nom A'eider.

ÉGOUT8. — Les premiers furent construits à Paris sous les règnes de Cliarles V et do Charles VI , c'est-àdire de 1370 k 1393.

Encensoirs. —L'usage nous eu vient des Juifs; mais cent dont on se servait primitivement étaient des cassolettes sans chaînes.

Épingles. — Elles ont paru pour la première fois en Angleterre vers 1343. Les dames se servaient jusqu'à celle Cpoque de brochettes de bois, d'ivoire, ou d'épines. On a calculé qu'il se consommait par an, seulement à Paris, soixante millions d'épingles.

ÉTiitt. — Son exploitation ne date chez nous que de

îimtODrCtidMi

4806; jusqu'à cette époque, la France semblait n'en posséder aucune mine.

Ëternument. — L'usage de faire des souhaits est très-ancien; les Grecs disaient en pareil cas: Vivez, Ou bien : Que Jupiter vous conserve; les Romains disaient i Portez-vous bien.

Éventails. -» Ce mot, comme le Verbe èmt&r, dérive du mot i)eni, ainsi qu'il est facile dele reconnaître. C'est de l'Orient que l'Europe a reçu l'usage des éventails. En Italie, en Espagne, on a de grands éventails carrés , suspendus au milieu des Hppanemenis. L'Usage des éventails paralls'élreiutroduilenFrunflt sous Henri III.

Faïence. — Le nom de celle polBrieémaillée de blanc que nous appelons fàience provient, selon les uns, de Faenza en Italie, où l'on a commencé à en fabriquer eu 1ÏÔ9. Selon d'autres, Fayence, petit bourg de Provence, strait le premier endroit où l'on en aurait vu en France.

Ker-blahc— C'est en Bohême qu'on a primitivement découvert ses procédés de fabrication : on en doit l'introduction dans noire pays à Colberl.

Flambeau*.— Ceux des anciens n'étaient pas de cire, comme les noires, mais de bois sécliés de diverses cri a ui ères.

Flèche.— Son usage était connu des peuples les plus

Flûte. — C'était l'instrument militaire des Ueédeinonicns.

Faons. — Il en est parlé dès le temps d'Abraham) mais dans l'origine ces foufs étaient bien jlilîé renia de ce qu'ils sont aujourd'hui,

Fusil. — Son uSagc n'a commencé h se généraliser que vers l'an 1704 1 on s'était jusqu'alors servi d'arqueb Lises et de mousquets.

Gants. — Les anciens en portaient; mais ils étaient du cuir le plus fort. Les gens de la campagne commencèrent à en faire usage peur se garantir des piqûres d'épines ; on en vint ensuite îi s'en servir l'hiver pour se préserver du froid.

Garance. — Originaire du littoral asiatique de l'Archipel, la garance servait déjà aux anciens pour former leur pourpre royale. De là elle passa en Italie, en Flandre, en Aliemapne, en Hollande. C'est vers le milieu du iviii' siècle que celle plante fui importée dans lecointal d'Avignon par un réfugié de Smyrne.

Gazb. — Ce tissu doit son nom à la ville de Syrie Gaza, d'où il est primitivement venu.

Gilet. — Celte par lie de notre vêtement est ainsi appelée d'un bouffon du xrn* siècle, nommé Gilles, qui en introduisit l'usage.

Gobelets. — Les gobelets d'argent commencèrent !i devenir chez nous un objet de luxe vers l'an 1300.

Grille. — Leur invention ne dale que de 1715. On en est redevable à un habile artiste, du nom de Pierre Denis.

Guitare. — Son origine est inconnue; elle nous vient des Espagnols.

Harengs. — La première pèche du hareng dont on ait eu connaissance en Europe s'est faile sur les côtes d'Ecosse, vers 1330.

Hermine. — C'est une espèce de petite belette, au poil Lrès-ûn et très-blanc, ayant une petite pointe noire au bout de la queue. Les Arméniens ont les premiers fait connaître cette fourrure; c'est à celle circonstance qu'elle doit son nom.

Hôpital. — Le premier qui fut fondé en France est l'Hùlel-Dieu de Paris, bâti sous Clovis II , vers l'an 608.

Jour et heubes.— Les anciens connaissaient notre division du jour en heures. Les Égyptiens distribuaient le jour en douze parties ; les Grecs adoptèrent ce partage ; mais, au lieu de compter les heures comme nous, de minuit à minuit, ils les faisaient partir du lever du soleil à son coucher.

Ho île. — L'invenlion de l'huile remonte à la plus haute antiquité. Du temps de Moïse elle filait déjà fort en usage.

Ivoire. — Les Grecs savaient le travailler, et l'appliquaient a des sièges et sur d'autres meubles, comme ornement.

Jabot. — C'est le nom d'une espèce de poche que les oiseau* ont sous !a gorge. Par similitude, on a donné le nom de jabot au morceau de mousseline , de batiste ou de dentelle qu'on attache quelquefois encore, comme parure, à l'ouverture de la chemise au-devant de l'estomac.

Laiton. — Il y a moins de quarante ans que celle utile fabrication s'est naturalisée en France.

Lampions. — Les Romains avaient l'habitude, lors de leurs réjouissances publiques, de placer de petites lampes en dehors de leurs fenêtres. De la, pour nous, l'origine de ce mot.

Lanterne. — Leur invention remonle à la plus haute antiquité; fes anciens se servaient de vessies pour cet usage.

Lantebne maciqoe. — L'invention do celle petite machine d'optique date de la Un du ivh" siècle.

Limonade. — Cette boisson élail en usage a Paris vers 1630; on a dès lors appelé limonadiers ceux qui vendent toutes sortes d'autres boissons.

Lunettes.— Nous sommes redevables de leur invention à un Florentin nommé Salvino, mon en 1317.

Manteau. — Ce vêtement très-ancien était fori en usage chn tes Grecs; les Itomalfla bu l'adoptèrent que sous les empereurs.

Marionnettes. — Elles fiaient connues des Grecs. Un arracheur de dénis, Jean Brioché, qui vivait au ivn" siècle, passe chez nous pour l'inventeur dés marionnettes.

Maroquin. — On donne ce nom aux peau* de bout! nu de chèvre travaillées et ensuite mises en couleur. Ce mot dérive de ifaroc, en Barbarie, où fut inventée la fabrication du maroquin.

Marteau.— Cet inslrument tient aux premiers besoins de l'homme; aussi les anciens en font-ils reraonler l'usage aux temps les plus reculés.

Matelas. — Les anciens en connaissaient l'usage. Ils faisaient leurs matelas dé plumes extrêmement douces ; ils en couvraient les lits qui sériaient aux festins, et ceux sur lesquels on plaçait les images des dieux.

Mesures. — Elles ont été connues de loule antiquité chez les Égyptiens, les Hébreux et lès aulrës peuples de lu terre.

Mausolée. Arlémise , teuvé de Mausole, roi de Carie, lui életa, pour perpétuer le souvenir de sés regrets , un tombeau superbe, l'une des sept merveilles du monde; les monuments de celle nature furent depuis appelés mausolées.

Mento.v.— C'était une coutume, chez les anciens, de toucher le menton de ceux qu'on voulait persuader. Autrefois un menton rasé était un signe d'esclavage. Chez les Romains on rasait le menton des criminels.

Microscope. — Cet instrument fut inventé, en 1390, par Zacharias Jansen , fabricant de lunettes a Middelbourg.

Miaoibb. — Les première miroirs furent de métal ; l'u-

imrttoDucTms, 13 sage en était établi cher, les Egyptiens dès la plus haute antiquité. Ce n'est qu'au Sur 1 siècle qu'on vil paraître les premiers miroirs de verre ou de glace élamée.

M ont a es, — On suppose que ce fut a peu près au temps de Cltafles-Quint que l'on commença a faire des montres; ce prince regarda, Uit-on, comme quelque chose de fort curieux une horloge de celle espèce qu'on lui présentait.

Mouchoirs. — Les anciens , du moins les Grecs, n'en faisaient pas usage. Jadis les personnes de distinction se servaient de leur manteau pour s'essuyer les jeux.

Mousselines. — Elles vinrent primilivement de Mo«* soul, ville d'Asie. Ce n'est que depuis cinquante uns environ que la fabrication des mousselines a commencé à s'établir en France avec une certaine extension.

Mi'sc. —Ce parfum est ainsi appelé du nom de l'animal qui le produit; il se trouve dans une poche placée sous son ventre.

Musette, — Get instrument est ainsi appelé de Colin Muse!, son inventeur, qui vivait au xm* siècle.

OhfévbeHiï. — L'aride travailler l'or et l'argent était connu des la plus haute antiquité, en Asie, en Egypte. De là il a passé en Europe; il s'est surtout admirablement perfectionné depuis le îvn* siècle.

Orgue. — Cet insIrUmenl, quoique fort ancien, resla peu connu en France jusqu'au vin* siècle. Les premières orgues qu'on y ait vues furent apportées d'Oriend

Pains a cacheter. — Il n'y a guère plus de deux siècles qu'on s'en sert pouf cacheter les lelfres.

Paniers a ouvrage. — Les dames romaines en avaient comme les nôtres; elles y mettaient leurs fuseauî, leurs canevas, leurs laines; mais cea paniers étaient simplement en osier,

14 INTRODUCTION

Paon. — Il est originaire des Indes. Alexandre le rapporta, au relour de ses conquêtes, à Babyione.

Pabasol.— Son invention remonle aux lemps les plus reculés. Ce n'était point alors un objet destiné à abriter l'homme, mais une simple marque de dignité.

Paratonnerre. — On doit sa découverte au docteur Franklin, en l'an 1587. Ce ne fui qu'en 1782 qu'on vit s'élever des paratonnerres à Paris.

Paravent. — Ces châssis mobiles, couverts d'étoffes ou de papiers, semblent empruntés ans Chinois.

Parquet.— Celte invention était inconnue encore au xvi' siècle.

Pendule. — La première pendule, due a Vincent Galilée, parut il Venise en !6i9.

Persienne. — On donne ce nom à des châssis sur lesquels sont assemblées, a dis lances égales, des Iringles de bois en abat-jour, et qui garantissent une chambre du soleil. Leur usage vient de Perse.

Phare. — Le premier dont l'histoire Casse mention est celui de promontoire de Sigée; mais le plus célèbre lut élevé dans l'Ile de. Pharos, d'où ce nom de phare, qui a depuis servi a désigner toutes les autres tours destinées au même usage.

Piano. — Cet instrument, qui n'est que le clavecin perfectionné, a été inventé à Kreyberg, en Saxe, dans le xviii' siècle.

Pistolet.— Celle arme doit son nom k Pis/aie, ville d'Italie, où elle fui inventée.

Poches. — Les anciens n'ont jamais fait mention de poches. La ceinture leur en lenaiL lieu, de même qu'aux Orientaux modernes.

Poêles. — Les Romains en avaient de deux sortes. Us poêles ne sont pas très-anciens en Allemagne et en

INTRODUCTION

France. Cette invention paraîtrait avoir été apportée de la Chine , OÙ l'on s'en servait depuis longtemps.

Pompé. — Les pompes fiaient en usage chez les Grecs et chez les Romains; leur emploi fut perfectionné par un mathématicien d'Alexandrie, environ 120ans avant Jésus-Clirist.

Poudre. — Il est difficile d'assigner une époque précise a l'invention de la poudre : Roger Bacon , en 1220, et Albert le Grand, en 1280, avaient déjà fait connaître les propriétés du mélange du salpêtre, du soufre et du charbon. Les Indiens [iraient contre Alexandre des projectiles dans désarmes !i feu; lesChinoiseonnaissaient la poudre 80ans avant Jésus-Christ. Lesalpétreetlapoudre sonl venus de l'Orient aux Perses et aux Arabes.

Poupée. — Les enfants des Romains jouaient, comme lesnGIrcs, a la poupée; les leurs étaient d'ivoire, de buis, de plâtre et de cire.

Pourpbe. — Sa découverte est due au hasard. Le chien d'un berger brisa, sur le bord de la mer, un coquillage ; le sang oui en sortit teignit sa gueule d'une couleur admirable, qu'on réussit ensuite a appliquer sur les étoffes. C'était la pourpre.

Pralines. — C'est le sommelier du maréchal du Plessis-Praslin qui, le premier, s'avisa de préparer les amandes de cette manière, d'où ce nom de proii'ne.

Quais. — Le premier quai de Paris fut celui des Augustins, bâti sous Philippe le Bel, en 1312.

Ramonage végétal. — Ce système consiste a remplacer, au printemps, les cendres du foyer par delà terre dans laquelle on sème des plantes grimpantes, telles que co&œa, clématite, hnublon. Ces plantes grimpent jusqu'au faite; quand vient le mots d'octobre, on assemble les racines, on tire, et la cheminée est ramonée.

Raquettes. — Leur usage ne remonte pas au delà du

INTRODUCTION

xv* siècle) jusque-là on poussait la balle avec la paume de la main; d'où le nom de jeu dejmuinn.

Rrdihgoteb. — Le nonii comme la cbose, vient des Anglais, Cette série de vilement fut apportée en France en 1720.

Ruban. — Son origine remonte aux temps les plus anciEfts.

Sangsues. — On a trouve récemment le moyen de les conserver pendnnl un long transport, en mettant du charbon pulvérisé dans l'eau, qui les contient.

Savon. — On attribue son invention aux anciens Gaulois; d'autres prétendent qu'il fut trouvé à Savane, en Italie.

SBi6MOntTBK. — Au moyen d'un instrument qu'il nomme ainsi, M. Coulier a mie la science a même de marquer l'intensité et la direction des tremblements de terre.

Selle. — Son invention, constatée par l'iiisioire, date de l'an MO.

Sebbubhs.— Elles étaient connues dans les temps les plus reculés; jusque-là, pour fermer ses partes, on se contentait de les attacher avec des cordes; le nœud de cette corde faisait l'office de serrure.

Sbhvietteb. — Les premiers linges qu'on ait confectionnés pour serviettes ont paru à Reims. Jusqu'alors on s'était essuyé les mains avec des serviettes de laine grossière; à table, c'est la nappe qui tenait lieu de serviette.

Sibop. — C'est une invention des Arabes.

Soufplbts. — Les Grecs, dès l'époque de leur civilisation, ont connu les soufflets tels que noue les employons. Homère parle de vingt soufflet» que Vulcain faisait mouvoir en fabriquant le fameux bouclier d'Achille,

INTRODUCTION

Tuàc. — Originaire d'Amérique. C'esl vite le milieu du xvi* siècle que l'Espagne et le Portugal reçurent le premier envoi de tabac. On donne ce nom aux feuilles ile>i:'r}u : ('s de la plante, parée qu'elles furent primitivement tirées de l'Ile de Tabago. Nicot en adressa, îi peu près à la même époque, une provision à Catherine de Mi'dieis.

Taffetas. — Ce nom lient du bruit que l'étotfe fuit quand les plis en sont frottés les uns contre les autres : taffe, toffè.

Télescope. — Jacques Metius l'inventa en ltiOil. Le plus célèbre de tous les télescopes est celui de Herschell.

TfttnRE. — Son origine remonte aux Romains, i Tissage du yeiire. — Invention aneienne, mais perfeelioiinre récemment. Olivi, de Venise, u pouss,r sl loin l'art de lisser le verre, que ce fil s'assouplit ;iu point de pouvoir être tordu a peu près comme tout autre fil ; le verre prend aussi toutes les nuances, transparentes ou opaques.

ToNREAiix.— On en attribue l'invention aux Gaulois; les Grecs et les Romains conservaient leur vin dans des cruches de terre ou dans des outres de peau.

Tbicots.— Ainsi appelés du village de ce nom, situé sur le chemin de Monididier a Paris. C'est au commencement du ïvi e siècle seulement que l'art de tricoter avec des broches a été inventé.

Tuiles et biiooes. — Les mtirsdeBabyloneélaienl construits en briques-, les Romains faisaient des tuiles d'une grande dimension ; la Hollande et le Danemark fabriquaient fort anciennement les luiles et les briques. C'est enlïiGque ces dernières ont commencé à être i'ouuues en Angleterre.

Vanille. — Son usage, destiné particulièrement k

INTRODUCTION

parfumer le chocolat, a passé des Mexicains aux Espagnols, et des Espagnols aux autres peuples de l'Europe.

Velours. — On eu faisait usage dès le xin* siècle. Celle étoffe était déjà si commune fous Henri lil , qu'il fut défendu , aux états de Blois, en 1 576, à tout domestique de porter des habits de velours.

Vermicelle.— Les Italiens passent pour l'avoir inventés on ignore a quelle époque.

Vitbes, — Les anciens n'employiùent pas le verre pour leurs fenêtres. Les riches y mettaient de l'agate, de l'albâtre; les pauvres restalenl exposés aux incommodités du froid et du vent. L'Italie jouit la première de l'usage des vitres , et bientôt la France en profita.

LES AÉROSTATS

Il y a longtemps que l'esprit humain s'occupe de rechercher les moyens de naviguer dans les airs. Les récits de Diodore de Sicile sur les merveillesdu fabuleux mécanicien Dédale témoignent des efforts que l'homme a tentésde temps immémorial pour réaliser ce beau rêve de son imagination ; mais laissons l'antiquité pour arriver à une époque plus rapprochée de nous.

En 1670 , un jésuite de Brescia , le père Lana , fil paraître un ouvrage où il indiquait le projet de construction d'un navire qui devait se souleniret voyager dans l'air , a rames et à voiles ; les principaux agents de cette machine étaient quatre sphères ou globes , dans lesquels le vide parfait devait être produit ; le diamètre de ces globes en cuivre aurait été de 6 mètres 60 centimètres , et

AÉROSTATS

leur épaisseur d'un millimètre environ; mais ce projet, dont l'exécution fui reconnue impossible, n'eut aucune suite.

En 1755, le père Joseph Gallien , dominicain, pu bliaà Avignon unebrochure intitulée : L'Art de naviguer dam les airs. Le père Joseph faisait son va iïseau de grandeur gigantesque, pluâlonget plus large que la ville d'Avignon, capable de contenir une nombreuse armée avec tous ses ustensiles de ' guerreet ses provisions de bouche ; il le supposait transporte dans la région de la grêle , élevant ses bords au-dessus des couches inférieures et plus pesantes que l'air sur lesquelles il naviguait.

Cette théorie renferme des idées remarquables sous la forme la plus extravagante : elle fut considérée alors comme un simple jeu d'esprit : car il fallait élever ce vaisseau de la superficie de la terre dans les hautes régions de l'atmosphère , et ne pas l'y transporter seulement par l'imagination.

Ce sont les frères Joseph et Etienne Monlgollier qui les premiers ont en réalité découvert les aérostats et ont esécUlè cette découverte de la manière la plus simple. Joseph Monlgolfier résolvait ainsi le problème à l'académie de Lyon, en 1763 : « Renfermer dans un vaisseau léger un fluide spécifiquement moins lourd que l'air atmosphérique, afin de tirer parti de la rupture d'équilibre entre ces deux: fluides pour élever dans l'air des masses proportionnées auvolume du va isBeau ascendant.»

LeseipériencesquefircntlesfrèresMontgollier

AÉROSTATS. 31

les conduisirent a préférer l'air chaud a l'emploi d'un autre gai quelconque.

Enfin l'expérience qu'ils avaient annoncée fut tentée le5 juin 1783, aAnnonay, en présence d'une foule immense. C'est alors qu'on vit en effet un spectacle nouveau sur la terre , et bien digne d'exciter l' en Inousiasmc : un globe immense qui s'élevait majestueusement dans lesairs, et qui semblait s'y soutenir par quelque puissance invisible.

Voici les usages divers des aérostats, indiqués dans un rapport de ces illustres inventeurs: « On pourrait construire de plus grands ballons, qui s'emploieraient soit à ravitailler une ville assiégée , soit à remettre à flot des vaisseaux engloutis, peut-être même à faire des transports, et à coup sûr a fournir, en certains cas, des observai ions de plusieurs genres , à connaître la position d'une armée, la route des vaisseaux qui voyagent, etc.»

Le 26 août 1783 eut lieu une expérience nouvelle au Champ rlc Mars, puis une troisième h Versailles, le Jl septembre suivant; el enfin, le 15 octobre de la même année, Pilaire du Rozier effectua la première ascension aérostatique , dans laquelle il s'éleva, au milieude Paris, à la hauteur de 66 mètres; Il fui imité, dans son audacieuse entreprise, par plusieurs savants ou curieux, qui cependant n'apportèrent aucune modification à la machine des frères MontgoIQer.

lin physicien célèbre, Charles, eut l'heureuse idée de remplacer l'air chaud parl'hydrogènB, gaz

AÉROSTATS

environ quatorze fois plus léger que l'air ; et, pour montrer la confiance que devait inspirer sa découverte , il entreprit avec Robert ce fameux voyage où il fut porté, en quelques minutes , à la hauteur de 800 à 1000 mètres , et parcourut, dans cette région de l'atmosphère, plus de 36 kilomètresen deux heures. C'est au milieu des Tuileries et de toute la population de Paris que s'effectua celte ascension aérostatique , qui excita l'admiration la plus enthousiaste.

Depuis lors de pareilles entreprises sont entrées dans le domaine public , et font partie des choses communes et ordinaires ; il y a eu et il y a encore des aéronaules de profession. Il faut distinguer cependant l'ascension exécutée en 1801 par MM. Gay-Lussac et Biot, dans laquelle ces deux savants, parvenus à la hauteur de 4,000 mètres, firent des expériences importantes sur l'intensité magnétique de la terre, l'électricité de l'air et la température de ces houles régions. Plus lard M. Gay-Lussac, seul, s'éleva à la hauteur de 6,980 mètres, la plusgrande à laquelle l'homme soit jamais parvenu.

Le dernier épisode remarquable de l'histoire des ascensions aérostaliques est la catastrophe arrivée auballon monstre du colonel Lennox, au Champ de Mars, en 1834.

Nous allons mainlenant donner quelques détails sur la construction des ballons.

Les ballons sont de grands sacs de forme sphé-

AÉROSTATS

as

rique , en taffetas habituellement verni au moyen d'huile siccative et d'essence de térébenthine. Ce vernis a pour but d'empêcher le gaz hydrogène de s'échapper à travers les mailles du tissu. Ces sacs sont pourvus, à leur parlïe inférieure , d'une ouverlure destinée à l'introduction du gaz, et, àleur partie supérieure, de deux ou trois soupapes que l'aéronaute ouvre à volonté au moyen d'une corde. Les soupapes livreni issucau gaz, qui, s'êchappant dans l'air, rend l'appareil un peu moins léger; ce qui sert à modérer le mouvement ascensionnel et à déterminer la descente vers la terre.

L'hydrogènequldoileniler le ballon est produit dans des tonneaux, au moyen d'un mélange de fer ou de zinc , d'acide sulfurique et d'eau ; les tonneaux communiquent par des tubes en plomb à une cloche commune, et du sommet de la cloche par un luyaude cuir qui dirigele gazdans le ballon.

L'aéronaute doit donc posséder des connaissances très-précises, s'il ne veutpascourirde terribles chances. Plusieurs savants, MM. Charles, JBiot, Gay-Lussac, ont opéré des ascensions aéroslaliques l'esprit parfaitement en repos sur leur sûreté personnelle, tandis quedes voyageurs ignorants ont été souvent victimes de leur imprudence. Or il serait à désirer, lorsqu'une ascension aéroslalique est annoncée , que l'administration locale s'assurât, par des hommes de science et d'art, que toutes les conditions de sdrelé pour l'aéronaute sont complètement remplies , afin de ne pas tais-

ARTILLERIE

ser s'accomplir uneparade inulile et meurtrière.

On s'est imaginé tout récemmentde construire les ballons en caoutchouc; c'est un tissu plus léger, plus solide. Enfin l'on cherche toujours plus que jamais, el probablement l'on chercher» longtemps encore , le secret de diriger les aérostats à volonté dans les airs.

L'ARTILLERIE

IIIPU1S LÀ DÉCOUVERTE DE LA VOUDRE A UAKON.

On entend par artillerie les armes de jet qui servent à l'attaque, a la défense des places, el dans les combats.

Avant la découverte de la poudre, l'artillerie se composaitdebalistes, deoatapultes, d'engins, etc. Les noms d'artilleur, de commandant d'artillerie, de maître d'artillerie, étalent donnés aux hommes employés au service de ces machines ou aux officiers qui les commandaient. En 1291, Guillaume Dourdan était maître de l'artillerie du Louvre ; Guillaume de Montargis, maître de l'artillerie de Monlargis : celui pourlant longtemps après qu'on vit des 6oin6ardej ou canons au Louvre et a Montargis. On a cru a tort, d'après les titres attribués a ces officiers dès l'an 1291 , que l 'artillerie était

ARTILLERIE. 25

bien plus ancienne qu'elle ne l'«t en réalité; de même que d'autres auteurs lui ont assigné une dale beaucoup trop récente, en voyant les catapultes et les engins encore en usage durant tout le xvi* siècle.

Si le mot artillerie, qui doit venir du gaulois artiller ( fortifier, garnir une place ), ne fut point créé pour l'artillerie telle qu'elle existe aujourd'hui , de même celle artillerie nouvelle ne fit pas subitement abolir celle qui l'avait précédée : les peuples ne se défont pas en un jour de leurs anciennes habitudes, et une innovation qui devait plus tard changer la face de l'Europe et du monde, en changeant la manière de combattre, en rendant tous les hommes capables de devenir soldais, ne pouveil être exclusivement adoplée en l'espace d'un demi-siècle.

Sous François P r on se servait encore d'arbalètes; ce ne fut que sous Henri II qu'on vit ces vieillesarmes presque enlièrementdisparaltre : le haubert , le plastron , le cimier, le bouclier, les chanfreins, qui jadis défendaient à la fois le cheval et le cavalier, devinrent également inutiles ; on les abandonna, ainsi que les massues, les hallebardes, les frondes el les maillets : plus rien ne pouvait préserver des coups de l'arquebuse ou du canon, que le canon el l'arquebuse. Alors on commença à perfectionner les armes à feu ; le courage changea comme la manière de combattre , l'adresse et la force furent comptées pour rien sur le champ

INÏÎBHOK» ÏT DjKMDÏEIITIS, %

ARTILLERIE

de bataille , el la chevalerie fut détruite. François I er , que Bajard arma chevalier, fut un des derniers guerriers qui aient reçu cet honneur.

L'invention de l'artillerie remonte à l'invention de la poudre. L'époque de l'invention de la poudre est inconnue : on peut à peine fixer l'instant où l'on commença d'en faire usage.

Les Chinois sont le premier peuple de la terre auquelon attribue la connaissance de celte découverte. Différents missionnaires qui , dès le temps des croisades , avaient pénétré dans l'intérieur de la Chine, parlent de canons d'une grandeur prodigieuse. Il parait aussi que Marco-Polo, Vénitien, qui suivit un fils de Gengiskan lors de la conquête de la Chine , en apporta le secret dans sa pairie, d'où il se répandit peu après dans presque toute l'Europe; mais on ignora longtemps l'usage fatal de ce mélange de salpêtre, de soufre et de charbon. Les chimistes l'employèrent d'abord dans leurs expériences; un moine allemand qui avait rempli un vase de cette composition , fut le premier qui en connut les effets terribles ; une étincelle de feu pénétra dans le vase el le lit éclater ; !e moine, qu'on appelait Constantin Auclitzen, se mil à raisonner sur l'explosion dont il avait failli devenir victime. D'autres (et c'est l'opinion la plus répandue) prétendent que c'est un chimiste fameux, nommé Berlhold Schwarlz, religieux du même ordre qu'Auclilzen , qui inventa la poudre, vers l'an 1378 ou 1380; cependant Nauclérus as-

surequecetleinvenlionremonteàranl2I3, sous l'empire d'Olhon et le pontificat d'Innocent III. Et ce qui peut donner du poids à cette assertion , c'est que, précisément vers cette époque, un Anglais en faisailla description et parlait de ses effets comme si déjà, de son temps, on eut été familiarisé avec eux : c'est poger Bacon, l'homme le plus savant et le plus extraordinaire de son siècle, qui, né en 1214, mourut en 1292, et précéda par conséquent de prés de cent ans Berlhold Schwarlz et même Auclitîen. Ces derniers sont donc loin d'être les inventeurs de la poudre : on ne pourrait pas môme leur en attribuer l'application ; car, que ce soit plus ou moins avant 1378 qu'ils aient fait leur prétendue découverte, dès le commencement de ce siècleon trouve déjà des preuves historiques de l'existence de l'artillerie.

D'après ces preuves, l'opinionqui iixe l'essai du canonà l'attaque de Fossa-Claudia par les Vénitiens, en 1378, n'est donc pas fondée; celle qui le reporte en 1346, à la bataille de Crécy, ne l'est pas davantage; quand Moreri écrit que ce fut Thomas deMonlagu , comte deSalishury, qui s'en servit le premierau siège du Mans , en 1 432, c'est une assertiondèjà vingt fois démentie. L'usage du canon est antérieur à toutes ces dates ; ce ne sont ni les Vénitiens , ni les Anglais , ni les Allemands qui s'en servirent les premiers ; les Français pourraient plutôt réclamer cette priorité. CasimirSennovilz l'accorde aux Danois ; un passage de Pierre

ARTILLERIE

Mexia semblerait prouver qu'elle appartient aux Espagnols et aux Maures : c'est de Tunis qu'ils tiendraient cet usage; Tunis aurait pu le prendre indirectement ou directement de la Chine, et les Juifs chassés de l'Espagne l'auraient plus tard répandu en Macédoine , en Grèce et dans les autres pays turcs. On peut seulement induire de ces faits divers que l'Europe entière en fit , vers le même temps, le fatal essai.

On a trouvé récemment, au fond d'un puits de l'ancie n châ teau deCo ucy (dé parteme n t de l'Aisne), le fragment d'une couleuvrine où était tracé le millésime de 1258. Avant celte découverte, le plus ancien monument de l'artillerie, était un canon fondu en 1 301 ; mais la preuve la plus certaine de l'existence de l'artillerie au xiv ç siècle, est écrite dans un registre de la chambre des comptes de 1338. Barthélémy de Drach, trésorier des guerres, y fait l'état de l'argent reçu par Henri deFumechon. pour avoir poudre et autres choses nécessaires aux canons qui étaient devant Pierre- Guillaume, château d'Auvergne. Deux ans plus tard (1340), lorsque les Anglais levèrent le siège d'Eu , on lit dans les annales de celte ville qu'il y avait pour défendre la place deux grosses boites de fer que l'on chargeait avec des cailloux ronds. Gomme on ignorait encore l'art d'en régler les effets, on remarque qu'il est étonnant que ces pièces n'aienl point été brisées par l'explosion de la poudre, ta même année, dans une course que

les Français firent jusque sous les murs du Quesnoy, n ceux do !a ville, dit Froissarl, décliquè- <r renl canons et bombardes qui jetèrent car- « reaux. uLescarreaux étaient anciennement des flèches carrées; d'Aubignédonne le nom de carreaux, du temps de Henri IV, h des balles depistolet, probablement parecqueces balles étaient carrées.

Pierre Mexîa nous apprend que les Maures, assiégés en 1343 par Alphonse IX, tirèrent contre les Castillans avec certains mortiers de fer qui faisaient un bruit semblable au lonnerre. Un passage de don Pèdre, évéquedeLéon (dans sa chronique d'Alphonse), porte ce qui suit: a Dans « un combat naval entre un roi de Tunis el les « Maures deSèville, ceux de Tunis avaient cer- « tains tonneaux de 1er dont ils lançaient des h foudres. » Quelques auteurs avaient pensé que c'était sur la mer Baltique, en 1350, qu'on avait employé pour la première fois l'artillerie. Ce passage des auteurs espagnols, en même temps qu'il recule cette date, prouve aussi combien la poudre était déjà répandue , puisque en Afrique comme eu Europe on en connaissait l'usage. C'est donc en 1313 ou en 1350 qu'il faut définitivement fixer la date de l'emploi de l'artillerie sur mer.

BATEAUX A VAPEUB.

Page 1