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LES CHAUSSURES

Les Japonais, qui portaient diverses espèces de bas tricotés, se servent aussi de bas faits simplement, comme jadis en Europe, aveedes morceaux d'étoffes cousus : c'était aussi l'usage en Perse.Les bas y étaient grossièrement taillés, sans aucune proportion avec la jambe : on les faisait souvent en drap vert : ce qui est une abomination aux yeux des Turcs, qui disent que les Persans déshonorent celte couleur en mettant aux pieds ce que le prophète portail à la lete.

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Dès les premiers temps, les bottines de cuir furent connues en Grèce. Dans l' Odyssée, Laerte arrache des épines dans son verger, les mains couvertes de gants de cuir, et la tfile d'un chapeau lissu de poil de chèvre; il porleaussi aux pieds des bottes de cuî'r.Les héros de YlîUade faisaient usage de chaussures d'airain. Celle espèce de chaussure fui également connue des Phéniciens, des Cariens, etc. L'usage d'aller nu-pieds dans la maison cl même en ville, s'esl longtemps pratiqué à Sparte, 0 Athènes, et dans tout l'Orient. Longtemps, à Rome même, les sénateurs marchèrent pieds nus; Calon d' Utique, à l'exemple de l'A thènien Phocion, qui montait sans chaussure à la tribune publique, siégeait pieds nus dans la chaire des préteurs.

Les bottines decuir, empruntées aw Grecs par les Romains, serraient étroitement la jambe et le pied. Laca/ija.chaussuredessoldatsromains, est l'origine du surnom de Caligula. Celte chaussure se composait d'une grosse semelle a laquelle tenaient plusieurs bandes de cuir, qui, après s'être croisées sur le cou-de-pied, faisaient quelques lours autour des chevilles. Les chaussures des légionnaires étaient garnies de clous. Les Romains avaient plusieurs autres espèces de chaussures; mais les principales étaient le calceus, qui couvrait la totalité du pied, à peuprès comme nos souliers, et s'attachait par devant avec une courroie, un cordon ou un lacet; et la sandale, qui n'était autre chose qu'une semelle de cuir retenue éga-

lementpardes courroies ou lanières. La chaussure des sénateurs était de couleur noire, atteignant le milieu de la jambe, et était ornée d'un croissant d'or ou d'argent, quise plaçait sur le cou-de-pied. Les pauvres el les esclaves portaient des chaussures de bois. On en attachait de très-lourdes aux piedsdes criminels, pour lesempécherde s'évader.

D'anciens monuments représentent Clovis avec une chaussure qui se rapproche beaucoup de celle que portaient deson temps les magistrats romains. Comme rien de semblable n'existe dans les statues ou images des princes francs de celle époque, on en conclut que Clovis avait une chaussure particulière, à raison du titre de patrice que lui avait conféré l'empereur Anaslase. Du temps de Grégoire de Tours, on offrait une chaussure aux fiancés en même temps que l'anneau de noce. Les bottes des Chinois sont de soie noire ou de cuir, et ne dépassent pas le mollet ; elles sont larges ; les Chinois s'en servent au lieu de poches , el y mettent des papiers et leur éventail.

Les anciens Égyptiens fabriquaient une espèce de chaussure ou de pantoufles avec des feuilles de palmier et de papyrus ; on en faisait usage dans le temple de Jèrusalem.En Espagne on en fabriquait avec du genêt. On va nu-pieds et le plus souvent nu-jambesauï lies Maldives; néanmoins,dans leur logis, les habitants se servent d'une manière de pantoufles ou sandales faites de bois, et quand quelqu'un de qualité plus grande que la leur les

CHAUSSURES. 57 vient visiter en leurs maisons, ils quittent ces sandales cl demeurent nu-pieds. Les chaussures d'êcorcede tilleul sont très-communes en Russie ; on calcule qu'un paysan russe en use au moins cinquante paires paran. Les Japonais se servent de chaussures de paille de riz, dont une grande quantité sont exposées en vente à vil priï, dans toute les villes et sur toutes les routes; ils emploient aussi des sandales de bois; mais les habitants riches portent des souliers de peau de chamois.

Auvn s siècle, certaines chaussures aujourd'hui très-communes étaient a la portée d'un petit nombre de personnes. Charlemagne ordonna formellement aux ecclésiastiques, dans l'un de ses Capitulaires, de prendre des sandales pour dire la messe.

Les peintures trouvées en 1815 dans les tombes de la haute Égyple prouvent que la forme du sowlier égyptien, dans des siècles très-reculés, était exactement semblable à celle qu'on lui donne maintenant en Europe. Les femmes de l'Égypte ne portaient pas de souliers. Le calife Hakim défendit aux cordonniers égyptiens, sous peine de mort, de fabriquer dessouliers ou d'autres chaussures pour les femmes, ele. Les bas des Chinoises ne descendent que jusqu'à la cheville : elles enveloppent leurs pieds avec des bandelettes ; lorsqu'elles sortent de leurs maisons , elles mettent des souliers avec des talons de bois garnis de cuir; elles ne se soutiennent que sur ces talons. Les 8*

monarques Scandinaves faisaient porter par leurs vassauï, en signe de dépendance, la chaussure dont ils se servaient.

D'anciens historiens rapportent qu'OMs Magnus, roi de Norwége, ordonna à un prince d' Irlande de porter sur ses épaules des souliers qu'il lui envoyait, et ils ajoutent que l'insulaire obéit sans murmurer. Au vin* siècle, les anciens Lombards portaient leurs souliers découverts jusque sur le gros orteil et liés de courroie» de cuir pardessus le pied. Quelques souliers faisaient souvent partie des présents offerts aux papes parles souverains a l'époque de Louis le Débonnaire. Salomon III, duc de Bretagne, contemporain de ce prince , charge des ambassadeurs qu'il envoie à Rome de présenter en son nom au chef de l'Église, avecune statue d'or de grandeur naturelle, un mulet sellé et bridé, trente chemises, trente pièces de drap de 'toutes couleurs, trente peaux de cerfs, trenlepaires de souliers pourses domestiques, etc.

Des chaussures très - bizarres ont eu autrefois beaucoup de vogue en France et dans leB pays voisins; les chroniques du moyen flge sont remplies d'invectives contre les souliers dits â lapoulaine, imaginés du temps de Philippe-Auguste. Le bout de ces souliers se relevait par devant en forme de bec; le derrière était armé d'éperons; leur longueur, qui varia sous le règne de Philippe suivant l'importance des personnages, était communément d'un demi-yied; les bourgeois aisés les vou-

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