FOURRURES
rope par les tribus indiennes les plus septentrionales.
La valeur qu'on attachait jadis à la fourrure de l'ours noir occasionna un ravage effroyable parmi ces animaux ; ajoutons que la chair de cette espèce d'ours est tres-estimee des Indiens et des voyageurs canadiens. En 1783, on importa en Angleterre 10,500 peaux d'ours noirs; en 1803, 25,000 ;depuîscette dernière époque, unegrande diminution s'est fait sentir dans le chiffre de leur importation; aujourd'hui l'on peut cependant avoir pour 70 francs environ une peau.d'ours noir qui eût coûté autrefois jusqu'à 100 francs.
Mais de tous les animaux que poursuit la fureur des chasseurs canadiens c'est te castor qui a encore le plus souflerl. En 1788, plus de 170,000 peaux de castors furent exportées du Canada ; en 1808 , Ouèbecen envoya en Angleterre 120,927. La valeur de ce dernier envoi fut estiméeà 2,974, 850 francs. Cette quantité prodigieuse de fourrures n'avait pu être amassée qu'au prix d'une extermination générale de ces animaux ; aussi, depuis 1810, la peau de coypu, tirée de l'Amérique méridionale, remplace, pour les besoins de l'industrie, la peau de castor, devenue rare et fort • chère.
Pour se faire une idée des ravagesque les carabines meurtrières des chasseurs font de tous les animaux de certaines parties du globe, il faut avoir sous les yeux le curieux tableau des importations
MANUFACTUBE DES GOBELINS. 99 deleurs peaux en Europe pendantuneseuleannée; nous prendrons au hasard , par exemple l'année 1835. On y a donc importe 15,041 peaux d'ours; 18,374 de loulres; 88,400 de castors; 159,954 de martres; 339,683 deveaux marins; 557, 600 de co jpus, el enlin 1 , 171,659 de muscs.