NAVIRES DE L'ANTIQUITÉ
verrous étaient, en cuivre poli, au point d'imiter l'or. Les fûts des colonnes, de cyprès, étaientcouronnésde leurs chapiteaux d'or et d'ivoire. Les poutres transversales étaient d'or ou du moins dorées, et au-dessus l'architrave était couverte de bas-reliefs d'une coudée de haut et du plus admirable travail ; enfin le plafond , aussi en cyprès , était relevé par des ornements d'or.
Près de la grande salle , on voyait une chambre à sept lits ; un peu plus loin , l'appartement des femmes, consislantenunesalleumangertoutaussi splendide, et en une autre chambre de laquelle un escalier tournant conduisait à une chapelle ou temple de Vénus , où l'on admirait une belle statue de la déesse en marbre. En face, la salle du banquet , soutenue par des piliers de marbre le plus fin des Indes, surpassait en beauté loutce que nous avons décrit, et n'était elle-même surpassée que par le salon de Bacchus , dontla richesse mettrait au défi la plus brillante description.
Sur le pont on avait élevé un magnifique pavillon en forme de tente. A ce pavillon étaient attachées des voiles de pourpre. Delà petite cour en face, un escalier descendait a la galerie couverte et à une autre pièce décorée tout à l'égyptienne, c'est-àdire entourée de colonnes alternativement blanches et noires , et dont les chapiteaux ronds étaient relevés de roses enlr' ouvertes, de fleurs de lotus, de feuilles et de fruits de palmier, entrelacés de fleurs de fève égyptienne.
NAVIRES DE L'AMTIOUITÉ. 129
Enfin il y avait une infinité de chambres plus petites, mais non moins élégantes. Non-seulement les voiles, mais encore les cordages étaient de pourpre; le malnvail 100 pieds dehaut. Tel était le Thalamégos, vaisseau, comme on le voit, digne du pays des Pyramides.
Si Hiéron de Syracuse ne fil pas de grandes choses, il avait du moins une passion pour les choses grandes. La magnificence qu'il déploya pour faire construire des temples et d'autres édifices publics est encore attestée par leurs ruines gigantesques. Il affectait un goût tout particulier pour l'architecture navale. Il joignit l'utile au grandiose, car la plupart de ses énormes navires étaient employés a transporter les blés. Il en avait un, entre au 1res, construit sous la direction du fameux charpentier Archiméde. Le monde Etna fournil le bois ; il en avait de quoi bâtir soixante longues galères. Touten abattant les forêts, Hiéron s'occupait de faire forger le fer nécessaire et de faire venir du goudron, du chanvre, des cordes, des toiles de presque tous les ports de l'Europe et de l'Afrique.
Archias était, sous Archiméde, le surintendant des travaux. Le roi lui-même visitait le chantier, et, par sa présence, animait les ouvriers. Le navire bâti, il fallut le conduire à la mer; Archiméde inventa une machine tout exprés.
Ce léviatban était à trois étages. Les parquets étaient carrelésen très-petites tuiles de différentes couleurs, formantdes mosaîquesd'un tra\ ailadmi- 6*