LE PAPIER
On veut, en s' appuyant de l'autorité de Pline, que les anciens aient d'abord écrit sur des feuilles de palmier. Mais l'antiquité profane reconnaît que ce n'est point au* frêles tissus des plantes que l'homme a d'abord confié ses pensées. Moïse descendant dn mont Sinaï avec des tables de pierre, nous induit a croire que des matières plus durables que le végétal ont primitivement servi à ce noble usage. El, en effet, avant l'époque de Solon, c'est avec des stylets de fer ou d'or qu'on écrivait sur des tables de pierre ou d'airain , et même sur des lames de plomb. La parole était alors sculptée sur
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le marbre ou le mêlai. C'est là l'écriture primitive, c'est encore celle de nos monuments publics.
Pouriant l'observation des faits de la nature fil remarquer au* hommes que des animaux marins formaient une liqueur noire , une encre naturelle qu'ils lançaient dans les eaux, pour se soustraire, par des nuages obscurs, à l'attaque de leurs ennemis : c'était le poulpe , ce grand mollusque de toutes nos mers d'Europe, qui, le premier, donna lieu à cette importanle découverte. On comprit qu'au lieu de graver les paroles on pouvait les peindre, les dessiner, les écrire. On se servit alors de celle encre naturelle de la sèche, et de pinceau* ou de roseaui. Pour enjoliver les écrits de cette nouvelle espèce , le minium fournit une matière rouge avec laquelle on traça les litres.
De nos jours, l'encre de la sèche constitue encore Ja base de la sèpia cl de l'encre de Chine ; et l'on sait que jusqu'au xvin* siècle les litres des ouvrages imprimés étaient encore noirs et rouges. Ces images remontent donc au temps où le vrai papier n'était pas encore connu. Avant de se servir de ce dernier, on eut d'abord recours aux lablelles de cire, sur lesquelles on traçait ou l'on effaçait les caractères par un même poinçon , qui élait, pour ce double usage, pointu d'un côté et plat de l'autre. Enfin lesplanles vinrent au secours de l'homme; les feuilles de palmier, larges et flesibles , prêtèrent une surface line et polie sur laquelle le pinceau traçait aisément les signes de