SCENE VII
PAUL seul, puis LE BARON.
PAUL, regardant sortir la baronne.
Elle est complètement folle! Du reste, depuis quelque temps, elle a une façon de me regarder en louchant!... (cherchant sur son bureau.) Ah I ça, OÙ diable
ai-je mis le discours?...
LE BARON, entrant de gauche, deux haltères dans la main, et gagnant la droite.
Après la douche, les haltères ; tel est mon système.
PAUL, saluant.
, Monsieur le député.
Ah! vous voilà? Ce n'est pas mallieureux.
PAUL
J'ai été retenu... Tiens! des haltères?
LE BARON
Oui, ça calme les nerfs! Ah ! si tous mes collègues faisaient comme moi!... Enfin!... (présentant une hai-
tàre à Paul.) TenCZ.
PAUL, étonné.
Pourquoi me donnez-vous ça ?
LE BARON
Ça m'ennuie de faire ça tout seul, et comme vous êtes mon secrétaire...
PAUL
Ah ! par exemple ! vous voulez ?
LE BARON
Je vous paie quatre cents francs par mois, il me semble que j'ai bien le droit... (Faisant des haltères.) Une, deux...
PAUL, à part.
En voilà ime distraction. (Faisant des haltères.) Trois, quatre !...
Une, deux, trois, quatre...
PAUL
Une, deux... (a part.) C'est éreintant !... (Haut.) trois, quatre.
LE BARON
Ail ! ça, vous n'êtes pas venu — une, deux, — à la chambre, cette nuit — trois, quatre!...
PAUL, vivement.
Une névralgie... — Une, deux. — Mais pourquoi cette séance ? — trois, quatre...
LE BARON
Une interpellation sur les allumettes de la Régie. Nous avons voté une séance de nuit pour faire de la lumière. — Une, deux, trois, quatre...
Tout en parlant» ils continuent à faire des haltères. PAUL.
Vous avez parlé ?