ACTE PREMIER
LE BARON
J'ai seulement poussé quelques grognements, car je me réserve...
PAUL
^ , Ah ! bah !
LE BARON
Oui^ tel que vous me voyez, je voudrais étonner la France. .*
Comment ça ?
LE BARON^ gagnant la gauche et allant déposer son haltère au fond, à terre.
Comment ça ? Vous n'avez donc pas lu le discours que je vous ai remis ?
PAUL
Pas encore... une. deux, trois, quatre...
LE BARON, redescendant près du bureau, à gauche.
Eh bien, mon ami, je vais proposer la suppression du divorce.
PAUL
Ah! bah?
LE BARON
Oui. Un jour on vote une loi, le lendemain on la supprime.
PAUL
C'est ce qu'on appelle le jeu de lois !
LE BARON
Voilà !... Mais arrêtez-vous donc, vous êtes assommant à gesticuler ainsi !
PAUL
J'étais lancé!
Ma réaction est faite et vous continuez? Etes-vous bête!
PAUL, déposant son haltère au fond, à gauche. — A part.
., Quel charmant caractère!
LE BARON, s'asseyant à gauche du bureau.
Voyons, occupons-nous de ce discours.
PAUL, se fouillant, à part et gagnant le milieu.
Sapristi! J'oubliais...
LE BARON
Ce qui m'est le plus difficile, à moi, ce n'est pas de faire mes discours.
PAUL, à part, tout en cherchant.
Parbleu ! Si je n'étais pas là pour les retaper !
LE BARON
C'est de les prononcer !
PAUL, même jeu.
Je ne peux pourtant pas les bafouiller pour lui!
LE BARON
La tribune m'intimide. Aussi — je vais bien vous étonner — quand j'y suis, je me trouve nul.
PAUL
Vous n'êtes pas le seul.
LE BARON
Gomment, je ne suis pas le seul ?
PAUL, allant au bureau et cherchant parmi les papiers.
.. A ressentir cet effet !
LE BARON
Ah! bon !... Ah! f";i, mais que cherchez-vous donc?