ACTE PREMIER
BONARDET, étonné.
Mais très bien.
MADAME BONARDET, bas.
Il te connaît donc ?
BONARDET^ has à sa femme.
Paul lui aura sans doute i)arlé de nous. (Haut.) Permettez-moi^ monsieur le baron, de vous présenter madame Bonardet, la compagne de mes jours...
LE BARON
Madame !
BONARDET, présentant sa tille.
Virginie,, premier fruit de nos veilles...
LE BARON, tros calant.
Ce fruit est une pèche, (saluant.) Mademoiselle, (a madame Bonardet.) Donnez-vous la peine de vous asseoir.
VIRGINIE, bas à madame Bonardet.
Eh, bien ! et M. Paul ?.. Où est-il, M. Paul ?
MADAME BONARDET, bas.
Plus tard, ma fille, plus tard !
Madame Bonardet et Virginie s'asseyent sur le canapé. Bonardet s'assied sur une chaise, à gauche du canapé. Le baron va s asseoir à gauche du bureau.
BONARDET.
Arrivés ce matin au petit lever de Phébus, nous venons nui femme, ma fille et moi...
LE BARON, l'intcrrnmpant.
Me surprendre au milieu de mon travail ! Ah ! mon cher Bonardet, je m'occupe sans cesse de vos intérêts... Voici le plan du chemin de fer que je vous
ai fonnellement promis... il ne quitte jamais mon bureau ! Quant à la route de grande communication que vous réclamez^ je l'ai toujours dans ma poche! ,
MADAME BONARDET;, Las à son mari.
Tu lui as réclamé une route?
BONARDET, bas.
Jamais de la vie! (Haut.) Arrivés ce matin au petit lever...
LE BAROX^ se levant et allant lui offrir un cigare dans une boîte.
Un cigare?
BONARDET^ se levant.
Je ne fume jamais... mais j'accepte pour mes invités !
Il en prend trois.
MADAME BONARDET, bas.
Comment?.. Tu en prends trois?
B0XARDE1% à part.
Au fait, j'aïu'ais pu aller jusqu'à la demi-douzaine !
LE BARONj qui a remis la boîte sur la table, prenant la chaise qui est à droite du bureau et venant s'asseoir près de Bonardet.
Et maintenant, parlons des récoltes : que pensezvous des pommes de terre ?
BONARDET, ahuri.
Beaucoup de bien!.. D'abord, nous en mangeons tous les jours.
LE BARON
Sont-elles abondantes, cette année ?
BONARDET.
Je ne les ai pas comptées ! (a part.) Quelle^drôle