‹ Iodoformisme: Accidents consécutifs à l'emploi de l'iodoformeChapitre 17 sur 43 · Erythèmes · texte numérisé non relu

Erythèmes

Il y a une forme très fréquente et assez caractéristique, la forme scarlatiniforme que nous décrirons spécialement.

[ — Type scarlatiniforme. — 11 débute brusquement, la température du malade, en 24 heures, atteint

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39 à 40°, sans prodromes. Cette fièvre s'accompagne d'un certain malaise, mais est sans délire.

Le même jour ou le lendemain, l'éruption apparait revêtant presque d'emblée son maximum d’étendue et d'intensité. Ce sont de vastes placards, accentués surtout au niveau des plis de flexion, se développant auss vite sur la face que sur le tronc. Le pourtour du nez et des lèvres est respecté, et la coloration de la face est moins vive. Ces placards laissent entre eux des intervalles de peau saine.

Exceptionnellement on rencontre des placards d'un rouge cramoisi, tels que le professeur Fournier leur a appliqué dans un cas le nom de rash iodoformique.

Détail important, cette éruption n'offre pas la coloration intense de la scarlatine. Elle est plus pâle, plutôt rosée et non rouge vif. En outre, elle a des alternatives de coloration et de décoloration qu'on n’observe pas dans la scarlatine. A certains moments, l'éruption pâlit, pour reparaitre à d'autres. Cette éruption s'accompagne d'un prurit plus ou moins accentué, tandis que l'éruption de la scarlatine ne s'accompagne pas de démangeaisons.

Une fois la sause supprimée, il se produit une desquamation furfuracée et non en plaque, mais l'éruption peut se recolorer, alors qu'elle commençait à disparaitre, puis s'effacer complètement. On observe ainsi un phénomène sur lequel le docteur Besnier insiste beaucoup au sujet de l’érythème scarlatiniforme récidivant, dont ce type d’éruption se rapproche. Il y a

coexistence sur le même sujet de desquamation et de plaques d'éruption. Ce qui ne s’observe jama s dans la scarlatine.

Un exanthème coexiste fréquemment. La langue ést rouge et même sale; il y a une rougeur diffuse du pharynx et des amygdales, avec douleur légère à Ja déglutition. Mais c’est une teinte rouge légère, et non l'angine vineuse de la scarlatine précédant l’éruption.

Les troubles digestifs méritent l'attention. Il y a inappétence, dégoût des aliments, et surtout mauvais goût dans la bouche. Une pièce d'argent mise en contact avec la langue prend une odeur désagréable et caractéristique d'ail, sur laquelle nous reviendrons au chapitre sui’ant.

Sans traitement, cet état peut se prolonger quelques jours. Mais si on supprime l'iodoforme, la température baisse, l'éruption s'efface et en 4 à 5 jours, il ne reste plus qu'une desquamation apyrétique.

Type rubéolique. — À la place d'une éruption jar plaques, mettez avec les mêmes phénomènes généraux, la même rapidité de début et de disparition, et les mêmes allures de coloration pâle, variant d'intensité a divers moments de la journée, une éruption de rougeole, c'est-à-dire des papules isolées ou agminées, surmontées de petites vésicules, et vous aurez un type rubéolique. Il y aura le même enanthème bucco-pharyngien, avec odeur d'ail, mais pas de catharre oculonaso-bronchique.

Ainsi, bien que ces éruptions ressemblent à ‘a scarlatine ou à la rougeole, elles comportent une allure

tps qui peut permettre d'établir le diagnostic différentiel, et par suite la non contagiosité du malade. Ces signes seront :

La brusquerie imprévue d'une élévation thermique grande, sans phénomènes généraux en rapport.

L'apparition immédiate d’une éruption généralisée de suite, mais pâle et se décolorant.

L'absence d'angine ou de toux et de coryza, avec existence d’une rougeur de la langue et du pharynx, avec signe de l'argent.

La disparition rapide de ces accidents.

La coexistence de desquamation et d'éléments éruptifs nouveaux.

Enfin, la présence d’iode dans la salive ou les urines.

Il. — Purpura.

Janowsky, le premier, publia au congrès de Copenhague, en 1884, une observation de purpura iodoformique (voir obs. XXVIII). C’est surtout pour l'iodure de potassiuur qu'on avait jusque-là signalé du purpura toxique.

Diagnostic. — Insister sur le diagnostic serait tomber dans des répétitions inutiles. Toutes les fois que lessymptômes ne permettent pas de poser un diagnostic différentiel il y a trois procédés à utiliser :

1° L'épreuve de l'argent: un couvert d'argent ou une pièce d'argent mise quelques instants sur la langue

pre d'un sujet atteint d'indoformisme prend une odeur aillacée caractéristique. Le sujet lui-même trouve un goût mauvais à ce qu'il mange en se servant d'argenterie, et si c'est un enfant de la classe aisée, on l’a vu repousser avec dégoût son hochet d'argent, avec lequel il jouait volontiers avant l'intoxication 1odoformique.

Cette odeur Ss'accentue si l'on frotte la pièce d'argent sur un linge.

2° L'examen de la salive. On 4jouùte à la salive une pincée de calomel. Il se forme une coloration jaune serin d'iodure mercureux. Cette réaction est extrêmement sensible. Une goutte d’une solution d'iodure de potassium à i pour 4.000 mise sur un peu de calomel suffit pour faire apparaître la teinte jaune. Pour M. Oller, ce signe servirait d'indication à la suppression immédiate de l'iodoforme sous peine d’accidents graves.

Ou encore on peut ajouter une petite quantité d'amidon à la salive. puis de l'acide nitro-sulfurique. L':de mis en liberté bleuit l'amidon. Tous les procédés que nous allons indiquer pour l'urine réussiraient également.

39 — examen de l'urine. Il faut rechercher l'iodoforme à l'état d'iodure alcalin et si on n'a pas de résultat, le rechercher à l'état d'iodate d’'albumine

a) Recherche de l'iodurealcalin. — Les procédés sont

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