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Lésions trouvées à l’autopsie cliez l’homme et les animaux.
La
Les autopsies de sujets morts d'intoxication 1odoformique, bien que rares, ont cependant été pratiquées quelquefo
Beaucoup d'entre elles ont été négatives ; les lésions qu'on trouvait résultaient de l'agonie, et s'expliquaient par les symptômes observés sur le mourant, où tenaient à la maladie du sujet : cancéreux, tuberculeux, etc. C’est ainsi qu'on a rencontré, de temps à autre, de l'injection de la pie-mère, de l'œdème pulmonaire, un cœur flasque ct distendu par du sang veineux.
Dans celles qui ont été positives, on retrouvait presque toujours les lésions suivantes : dégénérescence graisseuse du foie, des reins, du cœur. Le foie était congestionné et contenait dans ses cellules des gouttelettes
graisseuses. On a vu aussi des noyaux apoplectiques à la base des poumons, et Kônig signale souvent la bronchite muco-purulente. Il y a aussi des lésions de gastrite hyperhémique, sans lésions du côté de l'intesti-, ce qui serait en rapport avec la rareté de la diarrh‘e.
Voici l'autopsie de la malade qui fait le sujet de l'observation XXXVI.
Intestin. — Rien.
Foie. - légèrement hypertrophié. Aspectda foisoras.
Rate. — Volumineuse.
Reins. — Le droit beaucoup plus volumin:ux que le gauche.
Vessie. — Assez volumineuse.
Cœur, -- Les deux ventricules en diastate.
Cerveau. — Rien.
Poumons. — Rien.
Examen microscopique :
Foie : Dans son ensemble, la coupe présente lsspect suivant : les lobules hépatiques sont irrégulièrement circonscrits par de larges bandes au niveau desquelles le parenchyme hépatique normal se trouve rempli par un tissu variable. L’s cellules sont arrondies, volumineuses. Celles qui sont le moins altérées contiennent deux ou plusieurs goufttelettes adipeuses disposées dans la masse protoplasmique autour du noyau qui est fort bien coloré et qui n’est pas encore déplacé. Dans d’autres, les gouttelettes adipeuses sont volumineuses et plus rares. Le noyau est repoussé vers la périphérie et le protoplasma a en partie disparu. Dans les plus avancées enfin, et ce sont elles qui constituent presque entièrement la partie centrale des bandes dont nous avons parlé plus haut, il n’existe plus qu'une seule vésicule graisseuse arrondie, très volumineuse, qui a repoussé le noyau bien coloré dans un coin de la celluie et qui a pris la place du protoplasma qu'on ne retrouve plus qu’autoui du noyau. Il s'agit d'infiltration graisseuse simple, sans.
d:s‘ruction des cellules. Les bandes adipeuses sont épaisses, c'est-à-dire qu’elles intéressent la périphérie du lobule dans une étendue très variable. En certains points, le lobule est peu atteint, ailleurs il est infiltré de graisse jusqu'à sa partie centrale. Il n’y a pas de sclérose, soit péri-postale, soit péri-sushépatique. La veine centrale est gorgée de sang et très dilatée. Les capillaires qui y aboutissent sont eux-mêmes très dilatés, ce qui semblerait indiquer une lésion récente déterminée par la stase du sang dans le système de la veine cave inférieure.
Recherche de l’iodoforme. — Nous prenons un morceau de substance hépatique et nous la traitons par une lessive de soude afin de faire passer dans les traitements qui suivent tous les composés iodés à l’état d’iodures alcalins.
Nous pulvérisons la substance dans un mortier et nous évaporons au bain-marie. Le résidu est calciné dans un creuset en platine en y ajoutant, par petites portions, de l’azotate d’ammoniaque pulvérisé. Lorsque la masse est devenue blanche, nous la reprenons par l’eau distillée, acidulee par l’acide azotique 1)
Le liquide que nous avons obtenu est légèrement jaunâtre, ce qui indique la présence d’une certaine quantité d’iodoforme à l’état de composé iodé.
Rein. — Les glomérules sont normaux en général, d’autres sont en partie diminués de volume et un peu sclérosés. Leur capsule est un peu épaisse, certains sont atrophiés, très adhérents à la capsule. Les tubes contournes et les canaux en anse de Henle présentent des lésions analogues. Leur diamètre est rempli par un amas de substance granulo-graisseuse. Les cellules elles-mêmes sont granulo-graisseuses, quelques-unes ont leur volume et leur forme ordinaires, beaucoup sont plus aplaties et comme décapitées par la substance granule-graisseuse. Les noyaux sont parfois bien colorés et situés vers la base d'implantation des cellules. Les vaisseaux sont peu altérés Quelques-uns sont atteints d’endartérite, surtout dans le voisi-
7 {1) N.-B. — La calcination à détruit les pigments biliaires
nage des glomérules atrophiés. Dans certains points, il existe aussi de la periartérite, le tissu conjoncjif est hyperplasié par places. En somme, ce sont des lésions légères de sclérose an cienne.
Cœur. — Présente des lésions très légères.
Binz, Hôgyes, puis Falkson, Floucaud, Martin, Ont empoisonné des animaux avec l’iodoforme. Falkson mettait de l'iodoforme dans le péritoine de chiens et de lapins ; les chiens étaient plus sensibles à ce genre d'intoxication, nous en avons déjà parlé au chapitre III.
Les mêmes symptômes d'intoxication ont été observés que chez l'homme. A l’autopsie des lésions analogues ont été trouvées.
Les expérimentateurs ont trouvé la dégénérescence graisseuse du cœur, du foie, des reins, des muscles et des foyers apoplectiques dans les lobes inférieurs des poumons. Falkson a trouvé en outre une gastrite avec congestion, ecchymoses et ulcérations de la muqueuse. Ces lésions stomacales seraient plus précoces et plus accentuées à la suite des injections hypodermiques qu'avec l'ingestion.
A l'ouverture du corps plusieurs auteurs out noté que tous les organes exhalaient l'odeur d'iodoforme.
Voici le résultat d'une autopsie de cobaye empoisonné par l'iodoforme, rapportée dans la thèse de Bourdette :
Tube digestif. — Légère tuméfaction de ia muqueuse æsophagienne avec quelques taches ecchymotiques sans ulcérations.
Estomac. — Parois tpaissies ; muqueuse offre quelques uletrations à bords taillés à pic. À la coupe, on note la dégénérescence graisseuse des glandes de l'estomac et de l’épithélium stomacal, qui est infiltré de granulations granulo-graisseuses. La couche sous-muqueuse est infitrée d’une quantité notable de cellules lJympbatiques. Les tuniques musculaires ne présentent aucune lésion appréciable.
Intestin. — Inflammation très notable. Dans le cœcum, on trouve, outre un épaississement de la muqueuse, quelques ulcérations qui présentent à peu près les caractères de celles de l'estomac. À la coupe, l’épithélium est détruit en partie, et les diverses couches de la muqueuse sont infiltrées de cellules Iymphatiques. Les vaisseaux sont volumineux, dilatés et paraissent gorgés de globules blancs.
Foie. — Il est augmenté de volume, pâle, ramolli, et présente microscopiquement les lésions du foie gras. A la coupe, on note un état de dégénérescence très accusé des cellules hépatiques. Le lobule tout entier participe à cette dégénérescence. À peine quelques cellules restent-elles intactes avec leur noyau coloré par le picro-carmin.
Reins. — Les reins sont un peu augmentés de volume. L’urine renfermait un peu d’albumine. A la coupe, on note une tuméfaction trouble de tous les épithéliums du rein. Glomérules canalicules urinaires. À un plus fort grossissement, on voit une dégénérescence graisseuse très accentuée. Les cellules épithéliales des canaux contournés (droits en anse de Heule) ont perdu leur noyau, leur volume a augmenté en même temps que les canaux se dilataient et elles sont infiltrées de granulations graisseuses. Les capillaires des glomérules de Malpighi ont aussi en partie subi la dégénérescence.
Cœur — Le cœur présente aussi des lésions de dégénérescence graisseuse du myocarde. Ces lésions, cependant, ne sont pas très accusées et il faut faire plusieurs coupes pour pouvoir constater une lésion bien nette. -
Rien à noter dans les poumons et le cerveau.
JA
Voicr une autopsie qui conarme la précéders, C'est celle d'une chienne empoisonnée à liodoiorine. par Rossignol, dans le laboratoire de M. Quinquaud.
Cerveau. — Sain.
Poumons. — Sains.
Péricarde. — Pas de liquide.
Cœur. — Flasque, les deux ventricules en diastole, le gauche
contient du sang rouge non coagulé, le droit du sang noir. Le sang: dans les veines n'est pas coagulé.
Pancréas. — Normal.
Rate. — Congestionnée.
Foie. — Sa surface est pâle en certains points, violacée dans
d’autres. on y observe quelquss places un peu bianchâtres à la coupe, on voit que les vaisseaux sont gorgés de sang et lais sent couler une grande quantité de liquide. Le tissu hépatique est jaunâtre (dégénérescence graisseuse grande).
Œsophage. — Normal.
Estomac. — Contient un liquide limpide ténant eñ suspension une sorte de cougulum de couleur jus de pruneau en teinte rosée au niveau de la petite courbure : à ce niveau on observe de petites érosions de la muqueus: peu étendues, punctiformes, plus grandes en certains points, dans lesquelles l’'épithélium a été totalement enlevé.
Intestin gréle. — Normal.
Gros intestin. — Quelques ecchymoses disséminées.
Reins. — Surface un peu pâle. A la coupe, la substance corticale est jaunâtre, la substance médullaire colorée ; les pyramides sont violacées.
Vessic. -- Quelques gouttes d’une urine blanchâtre très épaisse. Muqueuse un peu congestionnée.
Examen histologique:
Foie. — Dégénérescence graisseuse et pigmentaire des cellules hépatiques. La dégénérescence graisseuseest générale mais beaucoup plus accusée à la périphérie du lobule. Les cellules
pigmentaires sont disséminées. Altération granulo-graisssuse des principaux viscères ; congestion et inflammation de la moelle et du cerveau, mais faible.
Néanmoins, la partquirevientà cette dégénérescence graisseuse du cœur, du foie et des reins, dans la production des phénomènes morbides, est difficile à apprecier, et il n'est pas démontré que ces lésions se produisent dans les cas non mortels,