‹ Iodoformisme: Accidents consécutifs à l'emploi de l'iodoformeChapitre 29 sur 43 · ÉÉÉLELLL LILI LL LL LL LE · texte numérisé non relu

ÉÉÉLELLL LILI LL LL LL LE

CHAPTERTESEN

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Accidents géréraux chez les enfants. les vieillards et les débilités. Traitement des accidents généraux.

KE — Enfants.

Les statistiques uous ont montré que les enfants “upportent très bien l'idoforme; chez eux les accidents sont frares, et consistent plutôt en manifestations cutanées les unes locales, les autres générales, manifesque nous avons vues, et qui n’ontrien de spécial. Cependant le type scarlatiniforme que nous avons décrit, paraît se présenter chez eux de préférence aux autres formes.

En tant que phénomènes généraux, on observe les phénomènes légers que présente l'adulte. Voici comment 1ls se présentent d'ordinaire :

L'enfant, déjà pansé une ou plusieurs fois à l'iodo-

forme, présente tantôt le lendemain, tantôt lengtemps après l'opération, une élévation de température (38 et 30) ; il a la langue sale et chargée, avec signe de l'argent, mais n’a pas d'excitation, ni de phénomènes du côté du pouls. La plaie va très bien, et il n'y a pas rétention de matières fécales, il va tous les jours à la selle, ce qui élimine les autres causes d’élévation thermique, et fait faire la diagnostic. Ces accidents disparaissent rapidement avec la suppression de l'iodoforme, une purge et de l’eau de Vichy.

Kônig a décrit en outre deux formes plus graves, et beaucoup plus rares, pour lesquelles Brun propose les noms de forme comateuse, et forme méningitique.

Dans la forme comateuse, les enfants ont une apathie inexplicable, avec faiblesse et rapidité du pouls, sans excitation nocturne, immédiatement après l'emploi de l'iodoforme.

La forme méningitique offre des symptômes ressemblant tellement à la méningo-encéphalite, que Brun fait de sérieuses réserves à son sujet, et ne se laisse à peu près convaincre que par un cas de Kônig dans lequel il y eut guérison après dix jours de symptômes méningitiques. Cette guérison s’expliquerait mieux en effet par l'iodoforme. La température seule diffère de la vraie méningite, or, dans cette dernière la température est bien variable.

Voici comment Merger décrit cette forme : «. Pouls irrégulier et petit, ’omissements, inépalité et paresse des pupilles, convuïions et contractures, coma, tels sont les principaux symptômes, qui ne diffèrent de

eux que détermine l'inflammation des méninges que par l'absence d’élévation de température. »

À partir de quel âge peut-on pañser les enfants à l'iodoforme ? Pas plus que pour le chloroforme on ne saurait fixer une date précise, tout dépend de la vigueur de l'enfant. Chez des enfants bien portants de six mois on peut employer couramment l'iodoforme ; on a même pu en mettre avec discrétion sur des plaies d'enfants de quatre jours opérés de spina bifida. Néanmoins il faut à cet âge agir avec une grande prudence, et employer de préférence le salol.

OBSERVATION XLII. (Personnelle.)

Lucien Tour..…., 19 mois 1/2, opéré le 23 août 1893 d’une hernie inguinale ayant donné des accidents d’étranglement. On met un peu d’iodoforme dans la plaie et la ligne de suture est pansée avec cette poudre.

Le soir même il offre 38 6/10 et le lendemain matin 38 4/10. Le signe de l'argent donne un résultat positif. Il n’y a pas d’éruption, ni d’agitation.

On le panse au salol, on le purge, et ces phénomènes disparaissent. .

OBSERVATION XLIII. (Personnelle.)

Marcel Lef..., 20 mois. On lui fait, le 28 juin 1893, la cure radicale d’une énorme hernie inguinale. Il est pansé de la même facon et présente exactement les mêmes phénomènes que le précédent.

OBSERVATION XLIV (Personnelle).

ind... Jeanne, 7 ans, subit la résection du genou le 24 juin 1893. On la panse à l’iodoforme, après en avoir mis quelques grammes dans la plaie.

Le 27 juin, sans raison, sa température, jusque-là normale monte à 36 2/10 le soir et 38 le matin. La plaie est en très bon état. La malade va régulièrement à la selle, l’iodoforme seul peut être incriminé. En effet, une pièce d'argent mise sur fa -langue prend l'odeur aillacée, s On panse la plaie avec du salol, on purge la malade. En deux

jours, la température retombs à 37°.

OASERVATION XLV (Personnelle.

Car... Blanche, 9 ans, réséquée du genou le 13 juin 1893, avec pansement 1odoformé. Ce n’est que le 11 juillet qu'elle prèsente des phénomènes absolumeut identiques à ceux signalés dans l'observation précedente, avec même traitement et même disparition rapide.

OBSERVATION XLVI (Kônig.

Un enfant de 6 ans resta pendant 15 jours apathique et pleurnichard, après un seul pansement pour lequel il avait été employé 20 grammes d’iodoforme.

OBSERVATION XLVII (Künig).

Un enfant de 8 ans resta pendant plus de six semaines dans un état de somnolence, après une application de 60 grammes d'odoforme.

VIE, — Viesllards et débilités.

La statistique déjà citée nous montre, chez les vieillards, rarement des accidents cutanés, mais souvent des accidents généraux qui prennent facilement le caractère grave.

La raison en est dans le mauvais fonctionnement de l'appareil rénal chez le vieillard, fonctionnement qui sera d'autant plus défectueux que l'iodoforme détermine chez les animaux, même à dose peu considérable, des accidents de néphrite. L'organisme sénile ne pourra donc éliminer l'iodoforme qui s’accumulera. L'observation XLIX est un exemple bien net de l'association de l’âge à des lésions rénales.

Mais la vieillesse est moins une question d’àge, qu'une question d'usure et de mauvais fonctionnement de l'organisme. Aussi sont prédisposés aux accidents sérieux de l’intoxication iodoformique, tous ceux qui ont de la décrépitude, de la sénilité précoces.

Rentrent donc dans cette catégorie les cachectiques, les malades épuisés par de longues et abondantes suppurations, tous ceux offrant des lésions du côté des reins, les convalescents, les malades affaiblis par des secousses morales.

De même chez ceux qui ont succombé avec les phénomènes d'affaiblissement cardiaque, le cœur n'était-il pas déjà atteint avant l'intoxication ? Ce point n'est pas mentionné dans les observations.

En tout cas il n’est pas douteux qne l’état cérébral antérieur des malades a de l'importance sur la production du délire.

(Jeannel (Ac. méd., mars 1889) ne met pas en doute qu’une tare cérébrale (alcoolisme, méningite chronique, aliénation, etc.) ne soit la cause prédisposante sine qua non du délire iodoformique.

OBSERVATION XLVIII (Th. Brun, p. 119).

I s'agit d’un homme âgé qui, il y a quelques années, avait présenté pendant plusieurs mois des phénomènes de lypémanie nettement caractérisée.

Il portait à la cuisse droite un volumineux abcès froid. On évacue la poche par ponction, et on lui injecte 2 gr. 59 d’iodoforme dans la cavité de l’abcès. L'état de dépression dans lequel se trouvait le malade fut aussitôt modifié et aggravé. Pendant la nuit, il se montrait agité ; il cherchait à quitter son lit et injuriait les personnes qui cherchaient à le maintenir. Les journées étaient assez calmes, mais le malade toujours plaintif et larmoyant, réclamait avec insistance la solitude et l’obscurité et se refusait à prendre toute nourriture. Ces symptômes auxquels se joignirent au début des vomissements rebelles à tout traitement persistèrent tout en s’atténuant pendant environ trois mois et laissèrent après eux un état d'amaigrissement extrême.

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La notion de l’état cérébral antérieur doit intervenir pour expliquer l'apparition des accidents après l’emploi d'une ’si faible quantité de la substance toxique.

OBSERVATION XLIX (Erick-Harnack, Klinisch Wochens., 1865).

Femme, 61 ans, ayant déjà été soignée pour un trouble mental, atteinte depuis huit ans d’un prolapsus complet de lPutérus et du vagin. Colporraphie double, avec périnéoraphie, Pansement avec une quantité d’iodoforme ne dépassant pas 3 ou 4 grammes, en Gutre un morceau de gaze iodoforméc. Soixante heures après l'opération, la malade, sans aucune élévation de température ni accélération du pouls, refuse aliments, boissons et médicaments, craignant qu’on ne l’empoisonne. Puis elle est prise d’un violent état maniaque. On entraîne par lavage tout ce qu’il peut y avoir d’iodoforme sur la plaie. Le lendemain fmême état d’agitation, Température, 39°5 ; pouls ne dépassant pas 90. L’urine, examinée, coutient de l’iode en abondance. Le surlendemain, raideur de la nuque et trismus ; pouls à £o ; mort, dans le collapsus, le sixième jour.

Autopsie. — Cœur volumineux. Rien d’anormal dans labdomen. Rein gauche complètement atrophié. Le bassinet gauche contient des calculs. L’uretère gauche est oblitéré.

Rein droit simplement hypertrophié. Sclérose des gros vaisseaux de l'encéphale.

S IT, — Traitement des accidenis généraux.

Il comprend deux parties : 1° la prophylaxie, les précautions à prendre dans l'usage de l'iodoforme pour éviter les accidents ; 2° le traitement des accidents, s'ils viennent à se produire.

CONS °° Prophylaxie:

Mosetig, le promoteur de l'iodoforme en chirurgie a particulièrement insisté sur la précaution à prendre quand on s'en sert:

1° Il faut surveiller attentivement les malades soumis à l'iodoforme, et cesser l'usage de ce produit au premier phénomène toxique.

L'indication suivante est de ne pas s'exposer à ce que l'organisme absorbe une quantité trop forte d'iodoforme. Pour cela il faut :

2° Surveiller les doses d'iodoforme que l'on donne au malade.

A l'intérieur on peut aller jusqu'à un gramme et même plus par jour. Mais dans la pratique courante, il ne faut pas dépasser o gr. 50 donnés ‘en plusieurs doses dans la journée.

A l'extérieur, il ne faut pas mettre sur une plaie plus de 10 gr. d'iodoforme. On reste d'ordinaire bien au dessous de ce chiffre, surtout avec les gazes iodoformées, dont l'application est très suffisante.

3° Le pansement à l'iodoforme doit être rare et sec. Si on le renouvelle, il ne faut pas laver la plaie pour retirer l'indoforme et en mettre une nouvelle couche. C'est surtout un pansement sec, et les bourgeons charnus se trouveront, eux aussi, très bien de cette absence de lavage.

4° I faut être sobre d'iodoforme dans les plaies très étendues et absorbant três facilement comme les brüû-

PIRE lures, les larges surfaces graisseuses comme ceiie d'un sein fendu, d’un os fraichement sectionne, les cavités d’où on ne peut extraire l'iodoforme. Raison de plus, pour se garder de tasser l'iodoforme dans des cavités ou sur des plaies, soit qu'on bourre la cavité, soit qu'on comprime par le pansement.

Il est donc préférable de se contenter d'appliquer l'iodoforme sur la ligne de suture. sans en mettre dans la plaie opératoire.

En revanche, on peut avoir moins de scrupu: s dans les plaies atones, les cavités tuberculeuses, £: Es bourgeons charnus, ou sur celles qui saignent

5° La dose doit être proportionnée à la résis'ence, à la tolérance de l'organisme.

Chez les tous jeunes enfants, aux premières semaines et même aux premiers mois. Jusqu'à une époque qu'on ne saurait préciser exactement, s'abstenir d'’iondoforme. Au contraire, les enfants ont une tolérance très grande vis-à-vis de ce médicament.

D: même chez les débilités, les alcooliques, les malades ayant une ’tare cérébrale, il convient d'être sobre d'iodoforme.

Non content de ne pas donner une trop forte dose, il faut s'assurer que celle donnée ne s’accumulera pas, et voir si l'organisme est en état d'éliminer, par suite il faut.

6° Chez le vieillard être très prudent.

7° De même chez ceux qui ont des lésions rézales.

Enfin 8° chez les malades qui ofriraient déja de l'inappétence, ou chez lesquels on craindrait de la voir

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se produire, recommander de ne pas se servir de service d'argent, mais de bois, d'étain ou de tout autre métal que l'argent.

2° Thérapeutique.

Une fois les accidents produits, que faut-il faire ?

Il faut immédiatement cesser le pansement iodoformé, et débarrasser la plaie de tout l’iodoforme qu'elle peut contenir par des lavages soignés, et des applications de cataplasmes de fécule si la plaie ne risque pas d'être infectée.

Ensuite on administre à l'intérieur le re de soude, antidote par excellence de l'ivdoforme d’après Behring, pour des raisons théoriques que nous verrons à la physiologie.

Il sera bon aussi de purger le malade et de lui donner des diurétiques.

Dans les cas légers, comme par exemple les petits accidents gastriques, on les voit cesser de suite avec le retrait du médicament. Mais les accidents plus sérieux demandent que l'iodoforme ait eu le temps de s'éliminer.

Ehrlich a essayé avec succès contre l'iodisme de donner 4, 5 où 6 gr. en une seule fois de sulfate d’aniline dissous dans de l’eau additionnée de bicarbonate de soude. Ce remède pourrait peut-être donner de

tree bons résultats dans les phénomènes de l'iodoformisme (1). À peu près dans la moitié des cas, on a vu l'icdisme arrêté net; dans les autres, il y avait affaiblissement des symptômes. Rarement le résultat était négatif.

De plus les symptômes graves nécessitent une médication spéciale, bien que les narcotiques et les stimulants soient le plus souvent impuissants. La thérapeutique est désarmée ou à peu près dans des formes très OTaves.

En présence des accidents graves de dépression, d'épuisement, Kocher a ‘essayé sans résultat la transfusion du sang, et par contre s'est bien trouvé de l'emploi d'une solution de bicarbonate de potasse a 5 ou 10 0/0. On peut recourir aux stimulants tels que le sulfate de strychnine, la brucine, l'esprit de Mondererus.

L’ammoniaque en injection sous-cutanée est d’un bon et prompt secours.

Contre le délire grave, l'opium et la morphine ne peuvent rien, ils l'atténuent au contraire quand il diminue d'intensité au moment de la guérison. M. Aubert recommande dans ce cas l'emploi de la belladone, du bromure et del'atropine dont on se sert contre les accidents de l'iodisme.

(x) L’aniline est nuisible par son action sur les corpuscules sanguins. Tandis que le sulfate d’aniline est très décomposable, et absolument innocent dans son actiôn.

ORDRE Run En tune

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