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indispensable, nous l'avons vu, à la production de l'empoisonnement (Behrend).
Mais, sous quelle forme chimique, l'iodoforme
pénètre-t-il dans l’économie et par suite empoisonner? Est-ce par l'iode, ou une combinaison organique (iodoalbuminat), qu'il est toxique? Ici plusieurs théories se présentent.
Pour Moleschott, l'iodoforme dissous dans les graisses arrive dans le sang; là il se fait un dégagement d'iode à l'état naissant, qui jouit d’après lui d'une action toxique bien plus élevée que l'iode ingéré en nature et cette action se prolonge davantage, d'où la longue durée des accidents, l'ivdoforme ne se décomposant que graduellement.
Falkson et Brun ont adopté la même théorie. Falkson aurait toujours facilement trouvé l’iode dans le sang.
Pour Binz, dans la graisse l'iodoforme se dissout sans dédoublement, puis arrive dans la circulation, et se décompose, d'où présence d'iode à l'état naissant qui donne naissance à des iodures ou des iodates alcalins.
Pour Hœges l'iodoforme mis sur la peau, ou injecté sous la peau ou dans une cavité séreuse ou dans l'intestin, se dissout dans la graisse, et aussi s'y dédouble en donnant naissance à de l'iodoalbuminat. Cet iodoalbuminat pénètre dans le sang, et là se décompose, dégage l'iode à l'état naissant qui se combine aux alcalins. Pour cet auteur, l'action de l'iodoforme est identique à celle de l'iode, mais plus lente à se produire. L'iodure, iodite ou iodate ainsi obtenu direc-
tement (Binz), ou par l'intermédiaire de l'iodoalbumnat (Hœgyes) se décomposerait au contact des acid s de l'organisme.
Cet iode mis en liberté (Binz et Hœgyes) irait impressionner les centres nerveux et rendrait compte des propriétés narcotisantes observées chez les animaux, etc. Toutes ces théories supposent que l'iodoforme n’a d'action toxique que par la mise en liberté de l'iode qu’il renferme, aboutissant final des décompositions; mais les faits nous montrent les accidents de l'iodoforme différents de ceux de l'iodisme. On voit survenir avec l'iodoforme des dégénérescences graisseuses et des effets narcotiques qu'on n'observe pas à la suite de l'emploi de l'iode.
D'après Harnack et J. Grundber l'iodoforme se dissout dans la graisse au point d'application et se dédouble, s'il forme de l'iodoalbuminat, en quantité suffisante, et si cet iodoalbuminat est absorbé, il y aura empoisonnement. C'est liodoalbuminat qui est toxique, tandis que les iodites et les iodates ne le sont pas. Il y a donc une grande différence avec Hæœgyes qui parle aussi d'iodoalbuminat. À l'appui, ils citent trois cas d'empoisonnement dans lesquels la réaction de l'iode dans l'urine resta négative, tandis que celle des cendres fut manifeste (iodures alcalins, en quantité faible, combinaisons iodées organiques très abondantes). |
En outre Harnack et J. Grundber ont remarqué que chez 19 malades pansés à l'iodoforme, mais non intoxiqués, les iodures alcalins étaient assez abondants
dans les urines, tandis que les combinaisons 1odées organiques semblaient y faire absolument défaut, la réaction des cendres étant nulle ou moins intense que celle de l'urine brute.
Behring admet, comme Binz, la formation d'iodure et d'iodate alcalin, mais les accidents seraient dus à la spoliation des alcalis du sang. Il se base sur les expériences suivantes : donnant à quatre lapins, simultanément de l'iodoforme et un sel alcalin, il les vit rester bien portants, tandis que quatre autres lapins de la même portée soumis au régime de l’iodoforme pur, moururent rapidement tous les quatre.
Semmola pense que l'iodoforme agit en tant qu'iodoforme, et s'élimine en tant qu'iodoforme, car les individus qui en ont pris exhalent l'odeur d’iodoforme, et Rummia, se servant d'un appareil qu’il a inventé pour cette recherche, a décélé l'iodoforme dans l'air expiré. Il décomposait l'iodoforme en le faisant passer dans un tube chauffé par une lampe à alcool et contenant de la chaux et de la soude; au bout d'un instant il trouvait dans le tube de l’iodure de sodium, et du formiate de soude.
Binz, Hôgyes, Harnack, Behring ont expliqué différemment l’action bienfaisante des alcalis, dans les accidents iodoformiques, suivant leur théorie pathogénique. Fe
Pour Binz et Hôügyes, ces substances fixent l'iode libre, auquel ils attribuent tout le danger, et il se forme ainsi un iodure alcalin non nuisible. Elles serviraient, d'après Harnack, à empêcher la formation de l'iodure
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organique toxique, en favorisant celle de l'iodure alcalin qu'il considère comme inoffensif. Elles seraient enfin pour Behring destinées à remplacer l'alcali enlevé au sang et aux tissus par la transformation de l'iodoforme en iodure alcalin.
Ces diverses théories peuvent se résumer ainsi. L'intoxication iodoformique résulterait ou du dédoublement de l’iodoforme, donnant naissance en dernière réaction, soit à de l’iode, soit à l’iodoalbuminat ; ou de la privation dans l'économie des alcalins, suivant la théorie que l'on adopte. Quand la production de ces corps toxiques atteint une limite qui varie avec la tolérance de chaque organisme, les phénomènes morbides apparaissent. Ils se montrent tôt si la dose toxique a été rapidement donnée; au bout d'un temps plus long, si cette dose résulte d'une accumulation faite lentement dans l'organisme, ou par suite d'absence ou insuffisance de l'élimination
C'est de ce facteur important dont nous allons nous occuper maintenant. |
[. — Elimination.
L'élimination se fait surtout par les urines et la salive. Mais on trouve aussi des iodures, comme l'a démontré Righini, dans la sueur, les larmes, le lait,
le mucus nasal, le flux menstruel, 1.s matières fécales, les eaux de l'amnios. Rumma l'a trouvé en quantité notable dans l'humeur vitrée de l'œil. Maître en a même constaté la présence dans les poils d'un cobaye et les plumes d'un canard. On a pu constater la présence d'iodoforme dans l'air expiré. On en a trouvé dans tous 195 produits d'excrétion et de sécrétion.
Une contestation s’est élevée au sujet de l’affirmation de Righini prétendant avoir trouvé des comnosés iodés dans les eaux de l'amnios, après l'emploi Ge l'indoforme. Il ÿ aurait eu alors passage d'iode dans la circulation placentaire, d'où danger plus où moirs grand pour le fœtus. Gussenbauer contre cette opinion a rapporté un exemple des plus convaincants : il s'agissait d’une malade soumise, à l’iodoforme, ayant avyorté 13 jours après l'opération. Quoique l'on eût préablemeant trouvé de l'iode dans les urines, les recherches chimiques d’Hofmeister en démontrèrent l'absence dans le placenta.
De tous les organes, ce sont les glandes salivaires qui élimineraient le plus d'iodures et le plus longte aps. M. Maillard, après avoir pris o gr. 50 d’iodoforme, a ressenti le lendemain un goût prononcé d'iodoforme dans la bouche.
Ch. Bernard a montré que l’éliminatiou de l'iodure de potassium par les reins (l'urine n’en montrant nulle trace au bout de 24 heures), et continrant par les glandes salivaires, l'accumulation pouvait néan-