Q ) G. IC
ue Il est probable que l'odoforme se comporte de mêmé, aussi voici ce que dit CI. Bernard : « L'iodure de potassium n'estéliminé qu'en partie par les urines. [] peut se montrer pendant un temps plus ou moins long dans d’autres sécrétions, dans la salive, dans le suc g'astrique ; de telle sorte que la portion d'iodure non éliminée reparaît dans la salive, au lieu d’être expuisée au dehors, est incessamment rejetée dans l'estomac et de là reprise par la circulation, puis ramenée dans la salive et ainsi de suite; de telle sorte que trois semaines après l’introduciton de l'iodure de potassium. on le retrouve encore dans la salive, et dans le suc gastrique, tandis que, dès le second jour, ou le troisième jour, l'urine, la bile des chiens ne montrent plus les réactions de l'iodure. »
Mais c'est surtout de l'élimination de l’iodoforme par les urines que nous allons nous occuper, en étudiant la durée de l'élimination, son abondance, et le produit éliminé, avec l'interprétation à donner à ces analyses dans les cas d'intoxication.
A. — Durée de l'élimination de l’iodoforme. — Plusieurs auteurs ont nié à tort la présence des iodures dans l'urine après l'emploi de Fiodoforme. Cependant cette réaction disparaît rapidement, et dure longtemps.
Par la voie interne, après ingestion de doses infé rieures à 40 centigr., Maître a constaté deux heures après, des iodures alcalins dans l'urine. Il a fallu près de trois jours pour que tout fût éliminé. A doses plus fortes, l'élimination est de plus longue durée que re le croyait Maitre. Elle serait de plus longue durée
tr que l'élimination à la suite de l'application par voie externe. Martin a donné en lavement en une fois 4 gr. d'indoforme à un chien; cette dose a mis 23 jours pour s'eliminer. |
Scuvat dit qu'après avoir pris o gr. 30 cent. d’iodoforme, au bout de 374 d'heure, on trouve des traces d'iodure de sodium dans l'urine.
Par la voie externe, après application de pansemerts iodoformés sur les plaies, l'élimination commence un peu plus tard, et dure moins longtemps. Martin, de ses examens plusieurs fois répétés dans le service de M. le professeur Tripier, de Lyon, est arrivé aux conclusions suivantes :
1° Les iodures alcalins apparaissent dans l'urine quelques heures après l'application du premier pansement. :
2° L'élimination de liodoforme persiste tant qu'il y a de l'iodoforme, en admettant bien entendu qu'il soit plus ou moins absorbé. Après la disparition du dernier pansement, elle existe encore quelques jours; mais elle est d’une durée bien plus courte que dans l'emploi de ce médicament à l'intérieur ; jamais elle n'a persisté plus de dix jours.
Cette prolongation de l'élimination, est en rapport avec la prolongation des accidents, même après l’ablation de tout l'iodoforme qui sc trouve à la surface de Ja plaie.
Cette élimination présente aussi une assez grande irrégularité, elle peut s'arrêter puis reparaître. Les doses d'iodures éliminées peuvent baisser beaucoup
ns un jour et remonter le lendemain, comme s'il y avait rétention des iodures dans l'organisme. Cette rétention peut être dans certains cas la cause des: accidents. C'est ce qui parait ressortir de l'analyse des urines faite par Cathelineau sur un de ses malades. Chez ce na'ade la décharge en iode de l'organisme ne commençca à se faire qu'au bout de treize jours après l'emploi de lFiodoforme.
B. — La qiantité d'iodures;éliminés est très variable ; nous citons quelques chiffres, 42 centimètres cubes d'urine, recueillie par Martin dans la vessie d'un chien tué par 10 grammes d'iodoforme en lavement renfermaient Oo gr. 0927 d'iode, ou ogr. 121 d'iodure de potas- SIUM.
Chez un malade à qui on fit l'excision cruciale d'un aathrax de la nuque, avec application dans la plaie de 15 à 20 grammes d'iodoforme. Martin a trouvé pour 1.000 grammes d'urine, O gr. 292 diode, ou o gr. 384 d'iodure de potassium.
Ainsi dans les 19 cas de J. Grundler et Harnack déjà cités, sans empoisonnement, l'iodoforme était éliminé en majeure partie sous forme d'iodure alcalin, et on ayait o gr. 2355, o gr. 26000, o gr. 3600 d'iodure par jour. Mais aussi il y avait des jours où l'élimination manquait entièrement.
Dans un cas d'empoisonnement chez l'homme, l'urine renfermait en tout o gr. 7560 d'iodure par litre, contenus surtout dans les cendres. Nous voyons ici le chiffre d'iodures éliminés, être plus fort que dans les cas ci-dessus de personnes non empoisonnées. Ce qui
A FVNS ES prouve qu'il ne faut pas tirer grande conclusion de ces chiffres au point de vue de l'empoissonnement, mais qu'il faut interpréter la présence des iodures dans l'urine pour comprendre la valeur de ce renseignement dans les cas d’empoisonnement.
c) Cette recherche de l'iode sous forme d'iodures alcalins ne présente pas, au point de vue de l'intoxication, toute l'importance qu'on serait, au premier abord, tenté de lui accorder. Comme Righini l'a nettement établi le premier, après l'emploi de l'iodoforme, tous les liquides de l'organisme contiennent de l'iode en quantité plus où moins considérable, et Falkson a montré que sa constatation dans l'urine ou dans la salive peut être faite en dehors de tout symptôme d'empoisonnement.
Verneuil, au sujet des injections d’éther iodoformé dans les abcès froids, a écrit : « Il ne faut pas compter sur l'examen des urines pour apprécier l'absorption de l'indoforme, les résultats étant très variables. J'ai vu se produire la réaction le lendemain d’une injection de quelques centigrammes d'iodoforme dans un abcès du pied. Je n'ai rien observé dans des cas où plusieurs grammes étaient laissés dans une vaste cavité suppurante. »
Nous avons vu qu'Erich, Harnach insistent surtout sur la recherche de l'iodoalbuminat. Ils ont constaté que dans bien des cas d'empoisonnement l'urine contenait peu d'iodure, tandis que la réaction des cendres était caractéristique. C’est seulement d'une appréciation
De exacte de la quantité totale d'iode éliminée sous ces deux états (iodure et iodoalbuminat, cendres et urines) qu'il serait possible d'après eux de déduire des données diagnostiques où pronostiques précises, et surtout de la prédominance de l’iodoalbuminat.
Cathelineau, dans le mémoire présenté à la Société de dermatologie du 16 février 1893, donne les chiffres de l’iodure dans l'urine et les cendres du malade d’une de ses observations, et l'on y voit toujours la réaction des cendres contenir plus d'iodure, par conséquent d'iodoalbuminat que celle de l'urine brute qui contient des iodures alcalins ; et à mesure que la guérison se produit, on voit l'iode s'éliminer de plus en plus sous forme d'iodure, le chiffre des iodures alcalins s’élevant progressivement de façon à se rapprocher de celui de l'iodoalbuminat.
La théorie pathogénique qui nous paraît le mieux répondre aux faits cliniques est celle de Harnack ainsi développée :
Il se produit des phénomènes d'iodoformisme, quand l'ionde forme des combinaisons organiques au point d'application. L'iodoalbuminat est le principe toxique vis-à-vis duquel la tolérance est très variable suivant les organismes. Son absorption rapide, ou son accumulation lente, ou l'arrêt de son élimination font apparaître les phénomènes d'intoxication. Ces phénomênes s’atténuent à mesure que l'élimination de l’iodoforme, sous forme d'iodures, augmente, les 1odures alcalins n'étant pas toxiques. La décharge en iode de
= 143 — lorganisme ne se fait que lentement, ce qui explique la disparition graduelle des symptômes anormaux.
N IE — Expérimentation des propriétés toxiques de l'iodoforme sur les animaux.
Comme l'a très justement écrit Le Dentu : « L'expérimentation a, depuis longtemps, fourni des résultats qui auraient dû faire prévoir les dangers de l'abus de liodoforme. » ;
L'histoire de cette expérimentation se trouve longuement exposée dans les thèses qui ont étudié l'action physiologique de l'iodoforme.
Disons seulement qu'en 1858, Maître, dans sa thèse, Humbert et Morétin dans un mémoire présenté à l'Académie de médecine, attirèrent l'attention sur les résultats obtenus en donnant l’iodoforme aux animaux. Les expériences ont porté sur la grenouille, le cobaye, le chien, le lapin, le canard.
Maïtre a reconnu que pour tuer un cobaye, il faut lui donner à l'intérieur 2 grammes d'iodoformè, un lapin 3 grammes et un chien de taille moyenne 4 grammes.