CONCLUSIONS LH
° L'iodoforme donne lieu à des accidents locaux, soit d'irritation locale, soit d'absorption locale et à des accidents généraux, consistant soit en éruptions généralisées, soit en symptômes plus ou moins inquiétants du côté du tube Gigestif, du système nerveux ou du pouls.
2° Le mécanisme de ces accidents a donné lieu à de nombreuses théories, telles que celles de Moleschott, Binz, Hôgyes, Harnack, Behring, mais leur existence est bien démontrée.
Cliniquement par la disparition des accidents après la suppression de l'iodoforme, leur réapparition si l'on applique de nouveau ce médicament, bien que la susceptibilité de certains malades ne soit pas consitamment la même, et que quelques-uns aient des accidents
à un pansement, Sans en avoir eu aux précédents et sans qu'il s'en produise aux suivants :
Expérimentalement, par la reproduction des phénomènes toxiques chez les animaux.
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Ces deux moyens de contrôle, clinique et expérimental, permettent d'élaguér un bon nombre d'accidents, même mortels, attribués à tort à ce produit.
3 Ces accidents n’ont pas la fréquence et la gravité qui ont effrayé les Allemands en 1882, à tel point qu'’.l3 l'ont abandonné. Ce n'est pas une raison suffisaute pour se priver des bons etlets de ce médicament sur les plaies et dans la tuberculose, mais il faut le manier avec prudence.
4° L'ingestion de l’iodoforme donuera de préférence des symptômes généraux. Les injections 1odoformées s’accompagnent rarement de phénomènes toxiques. La plupart des accidents cutanés ou géréraux sont dus à l'emploi de ce médicament non, sur la peau, ou sur une ligne de suture, mais sur des plaies riches en graicse, bourgeonnantes, étendues, ne saignant pas, ou dans des cavités présentant les mêmes conditions d'absorption.
"RS El faudra, en outre, que le sujet présente une Idiosyncrasie spéciale assez rare que rien ne saurait faire prévoir, ou soit un vieillard ou un malade dont les voies d’excrétion rénales soient altérées. Au contraire, les enfants à partir de quelques mois sont peu susceptibles ‘vis-à-vis de l'iodoforme, et les accidents qu'on pourra observer chez eux seront surtout cutanés.
6° La dose nécessaire à T'intoxication et le temps d'incubation sont choses des plus variables. Une forte dose par absorption rapide peut donter des accidents cutanés où généraux en quelques heures. Dés doses faibles, inférieures à 10 or. sur les plaies, pourront
ne donner d'accidents qu'au bout d’un mois, co : me par une sorte d’accumulation. Signalons aussi l'influence que paraît exercer un temps très chaud sur l’apparition des accidents.
7° Les accidents cutanés sont polymorphes et n’ont ien de caractéristique. Les éruptions revêtent de prérérence des types eczémateux, érythémateux rubéolique, scarlatiniforme ou ortié et purpurique, les deux premiers types s'accompagnant de démangeaisons et de desquamation furfuracée.
8 Dans les accidents généraux nous noterons comme ayant un cachet spécial : le signe de l'argent, la faiblesse et la fréquence du pouls en discordance avec une température peu élevée dans la majorité des cas, la présence d'iodures alcalins dans la salive, la présence des mêmes iodures et de l'iodoalbuminat dans l'urine, enfin l'amélioration et la disparition des accidents après la suppression de l'iodoforme.
9° À l'autopsie de malades, ou d'animaux ayant succombé par suite de l'intoxication 1odoformique, on n'a pu trouver que la dégénérescence graisseuse, du cœur, du foie, des reins, comme dans tous les empoisonnements aigus.
10°. Pour prévenir les accidents ; on n'emploiera pas l'iodoforme, chez les vieillards, les enfants trop jeunes, les débilités, ou les malades atteints d’affections rénales on surveillera attentivement les malades soumis à l'iodoforme, on ne déposera jamais sur une surface absorbante plus de 10 gr. de poudre, et l'on ex: ploiera de préférence la gaze. On sera très parcimonieux, sur
les surfaces étendues comme les brülures, ou riches en graisse comme les plaies du sein; on ne bourrera pas d'iodoforme les cavités. Les pansements seront rares, secs, et non compressifs. On interdira l'usage de cuillers et de fourchettes d'argent, aux malades soumis à l'iodoforme.
11°. Au premier phénomène d'irritation cutanée, ou d'intoxication générale, on suspendra l'usage du médicament, on débarrassera la plaie par des lavages et des cataplasmes de tout l'iodoforme qu'elle contient ; on donnera au malade du bicarbonate de soude, une purge, et même des diurétiques.
On combattra, en outre, s’il y a lieu, le délire et la dépression, malgré l'inefficacité des médicaments contre ces phénomènes graves.
L'eczéma, l’irritation locale, se traiteront comme tous les eczémas.
129. Grâce à la suppression de l'iodoforme les accidents pourront disparaître du jour au lendemain, mais dans la plupart des cas, ils persisteront encore quelque temps en s'atténuant, jusqu'à ce que l'organisme se soit débarrassé de l'excès de poison qu'il avait accumulé ; ce fait nous explique pourquoi on a vu les accidents apparaitre chez quelques malades après gué-
rison de la plaie.
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