CHAPITRE VII
KL
Bromisme, Iodisme, lodoformisme.
L'iodoforme ne se rapproche que de très loin, par les propriétés anesthésiques qu'on lui aurait démontrées, de deux corps avec lesquels il offre au contraire une grande analogie de préparation et de composition : le chloroforme, et le bromoforme. f
On obtient en effet ces trois corps en agissant sur l'alcool par un chlorure, un bromure, ou un iodure alcalin. Le CI, et le Br étant comme l'iode monoatomiques; dans le formène CH',.trois atomes de CI remplaçant trois atomes d'hydrogène, donneront le chloroforme CH cl, ou trois de Br le bromoforme CH Br°, tout comme nous avons vu l'iodoforme avoir pour formule CH F.
Se
Gr rapprochement des plus “iiressants Sora: © des accidents dus au bromure ‘le potassium, à l'icdurc de potassium et à liodoforme. Ce rapprochement est possible et fondé, puisque l'on a prétendu que Îles substances haloïdes avaient la même action physiologique et ies mêmes cffets cliniques. Mais il faudrait une science autrement approfondie que les quelques connaissances Que nous pouvons avoir sur cette question pour écrire un pareil chapitre.
Ihexiste en-erfet unlien bien réel eñtre le bremisme, l'iodisme et l'iodoformisme. Tous ces accidezts rentrent dans la grande famille des éruptions médicamenteuses, dans laquelle ils occupent une grande place. Ces corps agissent bien certainement sur l'organisme d'une façon générale qui est la même pour eux tous, mais qui offre néanmoins des modalités, des particularités bien spéciales à chacun d'eux. De sorte que si l'on peut établir des notions de pathogénie et de physiologie applicables à tous ces corps,il ne faut pas en co clure pour cela que. leurs accidents se ressemblent, et peuvent être confondus. Tous ces accidents paraissent frapper de préférence deux appareils : la peau et le système nerveux, comme s'il y avait balancement entre ces deux appareils; mais néanmoins les accidents dus au brome, ne sont pas les mêmes que ceux dus à l'iode. I! faut même pousser plus loin la diffés rence clinique. et bien séparer les accidents dus à liode, de ceux dus à l'absorption de l'iodoforme soit
cr a voie stomacale, soit par des blessures cutanéele plus souvent. Certainement bien des accidents dus à
l'iode sont analogues à ceux dus au brome, de même qu'il existe une analogie très étroite entre bien des symptômes observés dans l'iodisme et dans l'iodoformisme. Mais il y a un moment où l'analogie cesse suffisamment pour que ces trois séries d'accidents évoquent des tableaux cliniques différents. Un reproche que l'on pourrait faire à plusieurs travaux sur l'iodisme, et particulièrement à la thèse de Bradley, c'est de s'être servi pour étudier l'iodisme, de nombreux phénomènes dus à l'iodoforme. Le malade en expérience ou observé avait pris de l'iodoforme, et on apportait comme contribution à l'étude de l’iodisme les phénomènes observés
Le bromure a deux groupes d'accidents très fréquents et des plus caractéristiques. Il nous suffit de les signaler, ce sont : l'acné bromique, et les phénomènes d’engourdissement, de torpeur, de dépression cérébrale, de diminution des réflexes, et tout particulièrement du réflexe génital. La céphalalgie bromique est plus cérébrale que l’iodique, elle est moins douloureuse que cette dernière, mais s'accompagne de plus de pesanteur et d’hébétude. Le bromure donne lieu moins souvent aux éruptions multiples, scarlatiniformes et autres. Il ne s'accompagne pas de catarrhe oculo-nasal.
L'iodure de potassium donne très fréquemment de l'acné, rarement des éruptions polymorphes. Mais . 1} occasionne presque toujours du catarrhe oculo-nasopharyngien ; il peut aussi provoquer un accident re-
se. 155 = doutable qui ne s'observe pas avec le bromure ou liodoforme, je veux parler de l'œdème giottique.
Quant à l'iodoforme, nous venons de voir en détail tous ses accidents. Nous avons rencontré rarement le catarrhe nasal et l'acné, mais très souvent des érupions localisées ou généralisées polymorphes. Nous avOnS vu aussi des phénomènes bien particuliers du côté du système nerveux, d'excitation suivie de dépression; et du côté du cœur, de ralentissement, suivi de rapidité avec faiblesse des contractions, puis d'arrêt paralytique.
Tous ces accidents ont donc bien des points de contact. À peine introduits dans l'économie, le bromure, l'iodure ou l'iodoforme s'éliminent par toutes les cellules, diffusent aussitôt dans tout l'organisme, Le traitement de tous les accidents est le même: ilconsiste dans l'administration des alcalins. On observera des troubles digestifs. À l'autopsie on verra une dégénérescence graisseuse du cœur, du foie et des reins‘ Mais chacun de ces corps n'en conserve pas moins son mode d'action particulier, et sa physionomie spéciale d'accidents.
Ilest vrai que si l’on veut faire rentrer l'iodoformisme dans l'iodisme, on s’appuiera sur ce fait que l’on trouve des iodures dans la salive et l'urine des malades soumis à l'iodoforme. Mais nous avons vu la discussion de ce fait à la pathogénie, au sujet des théories qui n’admettent pas que l'iode soit l'agent toxique dans l'iodoforme, et comme le dit très bien BérRenrec Ces iodures sont des résidus ; ils ne veu-
lent pas dire que dans leur passage à travers Ferganisme l'iode et l'odoforme se soient comporiés ée -Ia même façon. Les phénomènes de l'iodoformisme ne sont nullement ceux de l'iodisme. Cette action qui se porte principalement sur le cerveau et sur le cœur n'est assimilable à aucune autre. »
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