‹ Iphigénie en Aulide; tragédie en cinq actes. With grammatical and explanatory notesChapitre 50 sur 67 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Et qui de ma faveur se voudroit honorer Si mon hymen prochain ne peut vous assurer? Ma gloire, mon amour, vous ordonnent de vivre : Venez, madame ; il faut les en croire, et me suivre.

Qm? moi? que, contre un père osant me révolter,

Fe mérite la mort que j'irois éviter?

Où seroit le respect? Et ce devoir suprême..,.

Vous suivrez un époux avou(' par lui-même. C'est un titre qu'en vain il prétend me voler : Ne fait-il des sermens que pour les violer? Vous-même, que retient un devoir si sévère, Quand il vous donne à moi, n'est-il point votre pi^reT Suivez- vous seulement ses ordres absolus Quand il cesse de l'être et ne vous connoit plus? Enfin c'est trop tarder, ma princesse, et p.ia rrainte....

Quoi, seigneur! vous iriez jusques à la contrainte? D'un coupable transport écoutant la chaleur, Vous pourriez ajouter ce comble h mon malheur? Ma gloire vous seroit moins chère que ma vie? Ah, seigneur! épargnez la triste Iphigénie. Asservie à des lois que j'ai dii respecter, C'est déjà trop pour moi que de vous écouter : Ne portez. pas plus loin votre injuste victoire; Ou, par mes propres mains immolée k ma gloire, Je saurai m'affranchir, dans ces extrémités. Du secours dangereux que vous me présent. -z.

ACHILLE

Hé bien, n'en parlons plus. Obéissez, cruelle, Et cherchez une mort qui vous semble si belle : Portez à votre père un cœur où j'entrevni Moins de respect pour lui que de haine pour mni. Une juste fureur s'empare de mon Ame : Vous allez à l'autel ; et moi, j'y cours, madame. Si de sang et de morts le ciel est affamé, Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé.

^ IPHÏOffNTE.

A mon aveugle amour tout sera légitime : Le prêtre dévie; dra la première victime ; Le hocher, par mes maius détruit et renversé. Dans ie sang des bourreaux nagera dispersé; Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême, Votre père, frappé, tombe et périt lui-même, Alors, de vos respects voyant les tristes fruits, Reconnoissez les coups que vous aurez ronduits.

Ah, seigneur ! Ah, cruel!... Mais il fuit, il m'échappa. 0 toi, qui veux ma mort, me voilà seule, frappe ; Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi, Et lance ici des traits qui n'accablent que moi!

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