‹ Iphigénie en Aulide; tragédie en cinq actes. With grammatical and explanatory notesChapitre 9 sur 67 · ACTE I, SCÈNE lî. tt · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE lî. tt

Attendre chez mon père une obscure vieillesse;

Et, toujours de la gloire évitant le sentier,

Ne laisser aucun nom et mourir tout entier?

Ahl ne nous formons point ces indignes obstacles;

L'honneur parle, il suffit : ce sont là nos oracles.

Les dieux sont de nos jours les maîtres souverains,

Mais, seigneur, notre gloire est dans nos propres mains.

Pourquoi nous tourmenter de leurs ordres suprêmes *?

Ne songeons qu'à nous rendre immortels comme eux-mêaiis

Et, laissant faire au sort, courons où la valeur

Nous promet un destin aussi grand que le leur.

C'est à Troie, et j'y cours; et quoi qu'on me prédise,

Je ne demande aux dieux qu'un vent qui m'y conduise ;

Et quand moi seul enfin il faudroit l'assiéger,

Patrocle et moi, seigneur, nous irons vous venger.

Mais non, c'est en vos mains que le destin la livre ;

Je n'aspire en effet qu'à l'honneur de vous suivre.

Je ne vous presse plus d'approuver les transports

D'un amour qui m'alloit éloigner de ces bords;

Ce même amour, soigneux de votre renommée,

Veut qu'ici mon exemple encourtige l'armée,

El me défend surtout de vous abandonner

Au timides conseils qu'on ose vous donner.

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