‹ Iphigénie en TaurideChapitre 3 sur 31 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Cette nuit... j'ai revu le palais de mon père, J'allais jouir de ses embrassements;

J'oubliais, en ces doux moments, Ses anciennes rigueurs, et quinze ans de misère...

La terre tremble sous mes pas, Le soleil indigné fuit ces lieux qu'il abhorre, Le feu brille dans l'air et la foudre en éclata Tombé sur le palais, l'embrase et le dévore!

Du milieu des débris fumants

Sort une voix plaintive et tendre :

Jusqu'au fond de mon cœur elle se fait entendre;

Je vole à ces tristes accents...

À mes yeux aussitôt se présente mon père Sanglant, percé de coups, et d'un spectre inhumain

Fuyant la rage meurtrière...

Ce spectre artreux, c'était ma mèrel Elle m'arme d'un glaive et disparait soudain : Je veux fuir... on me crie : « Arrête! c'est Orestel » Je vois un malheureux et je lui tends la main. Je veux le secourir ; un ascendant funeste Forçait mon bras à lui percer le sein!

Elle tombe tar l'i LES PRÊTRESSES.

0 songe affreux! nuit effroyable!

0 douleur! 0 mortel effroi !

Ton courroux est-il implacable!

Entends nos cris, ô ciel ! apaise-toi!

IPHIGÉNIB.

O race de Pélops! race toujours fatale!

Jusque dans ses derniers neveux, Le ciel poursuit encor le crime de Tantalel

Le roi des rois, le sang des Dieux, Agamemnon descend dans la nuit infernale.

4 IPUIGÉN1E EN TAURID1.

Son fils restait à ma douleur.

J'attendais de lui seul la fin de ma misère;

0 mon cher Oreste 1 ô mon frère I Tu ne sécheras pas les larmes de ta sœur.

ONE PRÊTRESSE

Calmez ce désespoir où votre âme est livrée, Les Dieux conserveront cette tête sacrée, Osez tout espérer.

IPHIGÊNIB.

Non, je n'espère plus.

Depuis que je respire, en butte à leur colère, D'opprobre et de malheurs tous mes jours sont tissui; lia y mettent le comble, ils m'enlèvent mon frère I

O toi qui prolongeas mes jours, Reprends un bien que je déteste,

Diane, je t'implore, arrêtes-en le cours,

Rejoins Iphigénie au malheureux Oreste.

Hélas! tout m'en fait une loi, La mort me devient nécessaire; J'ai vu s'élever contre moi Les Dieux, ma patrie et mon père.

LES PRÊTRESSES

Quand verrons-nous tarir nos pleur»?

La source en est-elle infinie?

Ah 1 dans un cercle de douleurs U ciel marque le cours de notre vie.

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