ACTE II. SCÈNE V
CLYTEMNESTRE
Je vous vois rougir de cet outrage.
J1 faut d’un noble orgueil armer votre courage. Moi-même, de l’ingrat approuvant le dessein,
Je vous l’ai dans Argos présenté de ma main:
Et mon choix, que flattait le bruit de sa noblesse, Vous donnait avec joie au fils d’une déesse.
Mais, puisque désormais son lâche repentir Dément1) le sang des dieux dont on le fait sortir. Ma fille, c’est à nous de montrer qui nous sommes, Et de ne voir en lui que le dernier des hommes. Lui ferons-nous penser, par un plus long séjour, Que vos vœux de son cœur attendent le retour? Rompons avec plaisir un hymen qu’il diffère.
J’ai fait de mon dessein avertir votre père;
Je ne l’attends ici que pour m’en séparer;
Et pour ce prompt départ je vais tout préparer.
( à Ériphile.)
Je ne vous presse point, madame, de nous suivre; En de plus chères mains ma retraite vous livre. De vos desseins secrets on est trop éclairci;
Et ce n’est pas Calchas que vous cherchez ici.