‹ Iphigenie (volume 2)Chapitre 53 sur 59 · ACTE V. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE III

Je saurai m’affranchir1), dans ces extrémités,

Du secours dangereux que vous me présentez.

ACHILLE

Eh bien, n’en parlons plus. Obéissez, cruelle,

Et cherchez une mort qui vous semble si belle! Portez à votre père un cœur où j’entrevoi Moins de respect pour lui que de haine pour moi. Une juste fureur s’empare de mon âme:

Vous allez à l’autel; et moi j’y cours, madame.

Si de sang et de morts le ciel est affamé2), Jamais de plus de sang ses autels n’ont fumé.

A mon aveugle amour tout sera légitime:

Le prêtre deviendra la première victime;

Le bûcher, par mes mains détruit et renversé, Dans le sang des bourreaux nagera dispersé;

Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême, Votre père frappé tombe et périt lui-même, Alors, de vos respects voyant les tristes fruits, Reconnaissez les coups que vous aurez conduits.

Ah seigneur! Ah cruel !.. Mais il fuit, il m’échappe.

O toi qui veux ma mort, me voilà seule, frappe! Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi,

Et lance ici-des traits qui n’accablent que moi!

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