Eclog. X
Ibo et Clialcidieo qua» siint mihi condita versu Carmina pastoris Sieuli modulabor avena.
Euphorion de Chalcis (274-200), bibliothécaire d’Antiochus le Grand, roi de Svrie. 11 a fait un poème sur le bois de Grmiium. Le poète Gallus l’a imité.
4. Instit. X, I, 56 : Quid Euphorionem transibimus? qucm nisi probasset Virgilius, idem nunquam certe conditorum Ghalcidico versu carminum fecisset in Bucolicis mentionem.
5. « On s’est étonné que Racine n’ait pas cité sur la conquête de Lesbos un témoignage plus important que celui du poète Euphorion, celui d’Homère lui-même [Iliade^ IX, 271) où Ulysse parlant des sept femmes lesbiennes qu’Agamemnon propose de donner à Achille, rappelle à celui-ci la conquête qu’il fit autrefois de cette île :
Oxe Aso-oov lüxTtjJiévTfjv êXeç ociJtÔ;.
Mais la citation d’Euphorion, d’après Parthénius, lui donnait en même temps « la princesse éprise d’aniour pour Achille. » (Note de M. P. Mesnard.)
6. Dans le xxi® chap. du livre de Parthénius de Nicée (1®*’ siècle av. J. -G.) intitulé Tiepi épwTtxuiv itaQïiîAâ-cwv, on lit le petit récit suivant, appuyé de l’autorité des vers d’Euphorion : o Achille, dans son expédition contre Lesbos, assiégeait la ville de Méthymne, qui lui opposait une grande résistance. Pisidice, fille du roi, s’éprit d’amour pour le héros qu’elle avait vu du haut des murailles. Elle envoya quelqu’un vers lui. pour lui promettre de livrer la ville, s’il s’engageait à la prendre pour épouse. Achille accepta la proposition ; mais, une fois maître de la ville, il ordonna à ses soldats de lapider celle qui avait trahi son pays. » — M. P. Mesnard, à qui nous empruntons
qu’Achille avait fait la conquête de cette île avant que de joindre l’armée des Grecs, et qu’il y avait même trouvé une princesse qui s’était éprise d’amour pour lui.
Voilà les principales choses en quoi je me suis un peu éloigné de l’économie de la fable d’Euripide. Pour ce qui regarde les passions, je me suis attaché à le suivre plus exactement. J’avoue que je lui dois un bon nombre des endroits qui ont été les plus approuvés dans ma tragédie ; et je l’avoue d’autant plus volontiers, que ces approbations m’ont confirmé dans l’estime et dans la vénération que j’ai toujours eu * pour les ouvrages qui nous restent de l’antiquité. J’ai reconnu avec plaisir, par l’effet qu’a produit sur notre théâtre tout ce que j’ai imité ou d’Homère ou d’Euripide, que le bon sens et la raison étaient les mêmes dans tous les siècles. Le goût de Paris s’est touvé conforme à celui d’Athènes. Mes spectateurs ont été émus des mêmes choses qui ont mis autrefois en larmes le plus savant peuple de la Grèce, et qui ont fait dire qu’entre les poètes Euripide était extrêmement tragique, TpaYtxwTaTo;, c’est-à-dire qu’il savait merveilleusement exciter la compassion et la terreur, qui sont les véritables effets de la tragédie.
Je m’étonne après cela que des modernes aient témoigné depuis peu tant de dégoût pour ce grand poète, dans le jugement qu’ils ont fait de son Alceste^. Mais, en vérité, j’ai trop d’obligation à Euripide pour ne pas prendre quelque soin de sa mémoire et pour laisser échapper l’occasion de le réconcilier avec ces messieurs. Je m’assure^ qu’il n’est si
celte citation, ajoute avec rais?on : a Cetto histoire diffère plus de celle d’Eriphile que ne pourrait le donner à croire l’allusion qu’y fait ici Racine. »
1. La vénération que fai toujours eu. La rè^le d’accord du participe, accompagné de l’auxiliaire avoir ^ n’était pas toujours observée au dixseptième siècle. Vaugelas (en 1647) pensait qu’il fallait dire : « Les habitants nous ont rendu maîtres de la ville. » — Le commerce l’a rendu puissante (cette ville.) »
Corneille a dit [Cinna] :
Là, par un long récit de toutes les misères Que, durant notre enfance, ont enduré nos pères.
Racine a dit {Bajazet) :
Les a-t-on vu souvent se parler, se chercher
2. « Ce jugement est celui de Pierre Perrault (frère de Claude Perrault) dans le dialogue où il compare cette tragédie grecque à l’opéra d'Alceste que venait de donner Quinault. Le titre du dialogue est : Critique de Voyéra, ou Examen de la tragédie intitulée Alceste, ou le Triomphe d'Alcide. Il fut inséré dans le Recueil de divers ouvrages en prose et en vers, de'rf/e (par le Laboureur/ à S. A. Mgr le Prmee de Conti. Un vol. in-4®, 1675 (p. 269-310). Quand Racine écrivit sa Préface, ce livre venait d’être publié, car V Achevé d’imprimer est du 2 janvier 1675. » (Note de M. P. Mesnard.)
3. Je m’assure, pour je suis assuré. De même dans l’huis au Lecteur (Plaideurs) : « Je m’assure qu’il vaut mieux avoir occupé l’impertinente éloquence, etc., • et au vers 495 ; « Monsieur, assurez-vous qu’Isabelle est constante. »