‹ IphigénieChapitre 111 sur 188 · V. 1315. Le trouble où flottent les esprits · texte numérisé non relu

V. 1315. Le trouble où flottent les esprits

Esprits, au pluriel, les corps légers et subtils qu’on regardait comme le principe de la vie et des sentiments. (Littré.) — Par extension, l’intelligence, la raison, le cœur. Cf. Corneille [Mmteur, iii, 3) ;

. . . J’en ai la cervelle et les esprits troublés.

« Le philosophe, dit la Bruyère, use ses esprits à démêler les vices des hommes. »

V. 1317. Hélas! en m’imposant, etc. a Le lecteur observera ici l’art avec lequel Racine, par le seul combat des passions et par l’enchaînement naturel des événements, a su suspendre l’intérét et le redoubler: Ici, par exemple, on sent qu Agamemnon ne peut résister à tout ce que vient de dire Glytemnestre. Mais Achille irrité viendra braver Agamemnon, et le roi offensé se déterminera à sacriüer sa fille par fierté. » (L. de B.)

V. 1318. Dans les anciennes éditions des Lettres de l’abbé Galiani, on lisait quelque part, à propos de la mort d’une vieille amie : « Dieu voulut que je n’eusse pas de cœur. » Sainte-Beuve, trompé par les premiers éditeurs, déplorait chez l’abbé Galiani «un tel degré de sécheresse et d’insensibilité.» Les éditeurs modernes (1881) ont parfaitement montré qu’il fallait lire : Dieu voulût que je n’eusse pas de cœur! Rapprocher ce souhait de celui d’Agamemnon.

V. 1329. Qu’en dites-vous, seigneur. Que faut-il que j’en pense ? .< Ce premier effort que se fait Achille pour ne pas éclater d abord devant le père d’Iphigénie est supérieurement conçu, et ne fait que rendre la terreur plus grande On entend à chaque vers le bruit sourd qui annonce l’orage, et l'on attend l’explosion ; elle ne tardera pas, car c’est Achille, et Achille ne se contraint pas longtemps. Il n’est que plus terrible quand il a pu se contraindre. » (La Harpe.)

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