‹ IphigénieChapitre 113 sur 188 · V. 1341. Que ma foi, mon amour, mon honneur y consente · texte numérisé non relu

V. 1341. Que ma foi, mon amour, mon honneur y consente

Le verbe au singulier, précédé de trois sujets. Voir les vers 99 [note) et 905.

V. 1343. Oubliez-vous ici qui vous interrogez. « Agamemnon reprend ici la fierté que lui donne Homère; il est tel que Boileau l’exige dans son Art poétique :

Qu’ Agamemnon soit fier, superbe, intéressé. (L. de B.)

AGAMKMNON.

Et qui vous a chargé du soin de ma famille? 134'5

Ne pourrai -je, sans vous, disposer de ma fille?

Ne suis-je plus son père? Êtes-vous son époux? i^Et ne peut-elle...

ACHILLE

Non, elle n’est plus à vous;

On ne m’abuse point par des promesses vaines.

Tant qu’un reste de sang coulera dans mes veines, 1350 Vous deviez à mon sort unir tous ses moments ;

Je défendrai mes droits fondés sur vos serments.

Et n’est-ce pas pour moi que vous l’avez mandée?

AGAMEMNON

Plaignez-vous donc aux dieux qui me Pont demandée : Accusez et Calchas et le camp tout entier, 1 355

Ulysse, Ménélas, et vous tout le premier.

Moi !

AGAMEMNON

Vous, qui, de l’Asie embrassant la conquête, Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête;

Vous, qui, vous oüensant de mes justes terreurs.

Avez dans tout le camp répandu vos fureurs. 1360

Mon cœur pour la sauver vous ouvrait une voie;

Mais vous ne demandez, vous ne cherchez que Troie.

Je vous fermais le champ où vous voulez courir.

Vous le voulez, partez: sa mort va vous l’ouvrir.

ACHILLE

Juste ciel! puis-je entendre et souffrir ce langage? 1365 Est-ce ainsi qu’au parjure on ajoute l’outrage?

V. 1350. Tant qu iin reste de sang, etc. Ces quatre vers présentent une construction très embarrassée. Nous avons consulté l’édition originale (1675), celle de 1676, celle de 1687. Toutes ces éditions, aussi bien que celle de 1697, impriment ces quatre vers comme nous les donnons nous-même. Est-il permis de hasarder une conjecture et de croire qu’une faute d’impression s’étant glissée de la première édition dans les éditions suivantes, il faut lire ainsi ces quatre vers :

Tant qu’un reste de sang coulera dans mes veines,

Je délendrai mes droits fondés sur vos serments.

Vous deviez à mon sort unir tous ses moments ;

Et n'est-ce pas pour moi que vous l’avez mandée ?

V. 1351. Tous ses moments n’est-il pas un peu accordé à la tyrannie de la rime. (Aignan.)

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