Voici les vers d’Euripide [Alceste., 252 et suivants
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4. Une malheureuse édition. Nous dirions ; « Une misérable ou une méchante édition.»
5. On lisait beaucoup les auteurs grecs dans les traductions latines. Racine, élevé à Port- Royal par Lancelot, l’auteur de la Nouvelle méthode pour apprendre la langue grecque (1653), et du Jardin des Racines grecques ^1657), devait bien rire de ces critiques qui jugeaient les anteurs grecs, qu’ils ne savaient même pas lire dans le texte.
presse Alceste d’expirer, de peur que Charon ne le prenne. H Vexhorte, ce sont leurs termes, à avoir couraoe, à ne pas faire une lâcheté et à mourir de bonne grâce: il interrompt les adieux d’Alceste pour lui dire de se dépêcher de mourir^. Peu s’en faut, à les entendre, qu’il ne la fasse mourir luimême. Ce sentiment leur a paru fort vilain’^. Et ils ont raison : il n’y a personne qui n’en fût très scandalisé. Mais comment l’onl-ils pu attribuer à Euripide ? En vérité, quand toutes les autres éditions où cet AL n’a point été oublié ne donneraient pas un démenti au malheureux imprimeur qui les a trompés, la suite de ces quatre vers et de tous les discours qu’Admète tient dans la même scène étaient plus que suffisants pour les empêcher de tomber dans une erreur si déraisonnable. Car Admète, bien éloigné de presser Alceste de mourir, s’écrie que « toutes les morts ensemble lui seraient » moins cruelles que de la voir en l'état où il la voit. Il la )) conjure de l’entraîner avec elle. Il ne peut plus vivre si elle » meurt. Il vit en elle. Il ne respire que pour elle^. »
Ils ne sont pas plus heureux dans les autres objections. Ils disent, par exemple, qu’Euripide a fait deux époux surannés d’Admète et d’Alceste, que l’un est un vieux mari^ et l’autre ime princesse déjà sur l’âge Euripide a pris soin de leur répondre en un seul vers, où il fait dire par le choeur
1. Nous ne trouvons pas textneliement ces paroles dans la Critiqup de Perrault, mais quelques phrases dont le sens est le meme. On y lit (p. 274) : « Admète voyant qu'elle s’attendrit, l’exhorte à avoir courage et à ne pas faire une lâcheté ; il lui représente qu’il s’en va mourir, et que Charon va le prendre, si elle ne se hâte ; » et un peu plus loin (p. 228) : «Est-ce une chose d’un bel exemple de voir Admète qui interrompt Alceste, lorsqu’elle lui dit les derniers adieux, pour lui dire qu’elle se hâte de mourir, parce qu’il voit, dit-il, la Parque qui Je va prendre, si elle ne se hâte de faire son devoir.» (Note de M. P. Mesnard.)
2. « Comme il fallait de nécessité que notre auteur (Quinault), s’il eût fait cette scène, eût aussi fait consentir Admète à la mort de sa femme, qui est une très vilaine action^ je trouve qu’il n’est point blâmable d’avoir supprimé cette scène.» {Critique de Vopéra^ p. 288). [Note de M. P. Mesnard].