‹ IphigénieChapitre 126 sur 188 · V. 1510. Dieux plus doux, vous n avez demandé que ma vie · texte numérisé non relu

V. 1510. Dieux plus doux, vous n avez demandé que ma vie

« Ce cri de l’amour, si rapidement jeté au milieu du péril, se fait entendre en un seul vers, et ce vers est parfait, car un poète médiocre en aurait fait au moins quatre. » (La Harpe.)

V. 1519. Tout le reste, assemblé près de mon étendard. Il n’est pas question d’étendards dans Homère. C’est un anachronisme bien léger.

V. 1521 Opposons cet asile. — Asile est le mot propre. Les tentes d'Achille seront, pour Iphigénie, aussi inviolables qu’un sanctuaire.

V. Qa ils viennent vous chercher sous les tentes d’Achille. « Cette scène, pleine d’intérêt et de chaleur, est entièrement de Racine, qui, heureusement pour nous, a conçu son Achille comme Homère, et son rôle finira dans cette scène par un orage de fureur épouvantable, comme celui de Clytemnestre dans la grande scène de l’acte précédent. C est l’accent que devaient avoir l'amour et la nature combattant contre les dieux, et leur disputant une victime. Mais quelle force de sentiment et de diction ne fallait-il pas pour le saisir! Et cette force a été celle d’un homme qu’on affecte d’appeler le tendre Racine, et, comme l’a dit ridiculement, en latin moderne, un orateur jésuite, qui croyait apparemment parler d’Anacréon, Yeneris columbulus, une petite colombe de Vénus. 11 peut être cette colombe dans le rôle de Bérénice ; mais s’il n’est pas aigle dans ceux d’Achiile, d’Acomat, de Burrhus, de Mithridate, de Phèdre, de Joad, qui le sera donc ?» (La Harpe.)

V. 1526. Vôtre père a déjà vu vos larmes (s. ent. : et n’en a pas été touché).

Je le sais bien, seigneur. Aussi tout mon espoir N’est plus qu’au coup mortel que je vais recevoir.

ACHILLE

Vous, mourir! Ah! cessez de tenir ce langage.

Songez-vous quel serment vous et moi nous engage? 1530 Songez-vous (pour trancher d’inutiles discours)

Que le bonheur d’Achille est fondé sur vos jours?

Le ciel n’a point aux jours de cette infortunée Attaché le bonheur de votre destinée.

Notre amour nous trompait, et les arrêts du sort 1535 Veulent que ce bonheur soit un fruit de ma mort.

Songez, seigneur, songez à ces moissons de gloire Qu’à vos vaillantes mains présente la victoire;

Ce champ si glorieux où vous aspirez tous,

Si mon sang ne l’arrose, est stérile pour vous. 1540

Telle est la loi des dieux à mon père dictée.

En vain, sourd à Calchas, il l’avait rejetée :

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