‹ IphigénieChapitre 138 sur 188 · V. 1671. . . . Savez-vous quel serpent inhumain · texte numérisé non relu

V. 1671. . . . Savez-vous quel serpent inhumain

Iphigénie avait retiré dans son sein ?

Racine s"est déjà servi de cette image dans Andromaque (i. 2) : Vous-même, de vos soins craignez la récompense;

Et «jne dans votre sein ce serpent él^vé Ne vous punisse un jour de l’avoir conservé.

Dans serpent inhumain, l’épithète est synonyme de cruel.

Retirer, donner asile. Cf. La Bruyère [Théoph.. XVUI) : « H dit hardiment... qu’il \eut s’en défaire [de sa mais 'oj seulement parce qu’elle est trop petite pour le grand nombre d’étrangers qu’il retire chez lui.»

V. 1675. Omonstre que Mégère, etc. a La poésie, qui est le langage des passions, doit ici les faire parler dans toute leur impétuosité. C’est une mère à qui on arrache sa fille; elle veut la suivre, des soldats l’en empêchent, on va immoler sa fille, et elle apprend qu’elle a été trahie par celle même qui eût dû se sacrifier pour elle. Toutes les passions parlent ici : la colère, la rage, le désespoir et la tendresse maternelle, cette mère étant surtout persuadée que le ciel ne demande point le sang de l’innocence, et que sa fille est la victime de la superstition du peuple et de l’ambition de son père. Dans ce morceau de poésie, quelle variété de sentiments, quelle force d’expression, que d’images et que de figures! Cette répétition du mot monstre, ces apostrophes à Eriphile, à la mer, au soleil, au ciel, à ellemême, aux sacrificateurs, ces images d’un monstre sorti des enfers, de la mer ouvrant ses abîmes, du port qui vomit la flotte des Grecs, du soleil qui recule, d’Iphigénie qui, couronnée de festons, tend la gorge aux couteaux, du tonnerre qu’elle croit entendre, toutes les beautés de la poésie la plus grande sont rassemblées dans ces vingt, vers, parce qu’ils contiennent une peinture des plus violents mouvements de la nature. » (L. Racine.)

V. 1679. Pour noyer. « Il nous semble, dit L. de B., qu’au lieu de noger, le mol à'engloutir aurait été plus expressif. » L. de B. n’avait pas lu VHistoire universelle de Bossuet, où noyer est employé dans le même sens (U, I) : o Dieu, qui a tout fait et par qui tout subsiste, va noyer (par le déluge) tous les animaux avec tous les hommes. »

V. 1681. Du port qui les recèle. Le mot recèle a été employé à dessein par le poète : le port est, en effet, pour Clytemnestre, le complice des Grecs

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