‹ IphigénieChapitre 147 sur 188 · V. 1733. De ce spectacle affreux votre fille alarmée · texte numérisé non relu

V. 1733. De ce spectacle affreux votre fille alarmée

tt Racine oublie dans cet endroit la constance qu’il a prêtée à son héroïne dans ses derniers adieux...» (L. de Boisgermaen.) Sans doute, dans toute la pièce, Iphi^rénie montre une rare constance; mais si, au moment de mourir et pendant cette lutte terrible d’Achille contre toute l’armée, Iphigénie n’éprouvait pas un moment de crainte, sinon pour elle-même, du moins pour Achille qu’elle aime toujours, on pourrait se demander si quelque chose bat en elle

læva sub parte mamillæ.

V. 1734. Yoyait pour elle Achille, et contre elle V armée, etc.

Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni. (Lucâin, Phars., I.)

«Quelle différence entre une imagination sage et celle qui ne l’est pas ! Quand Lncain veut louer Caton, il le met seul d’un côté, et de l’autre tous les Dieux. Ici le poète, sans paraître vouloir dire de grandes f.hoses, donne en un vers la plus grande idée qu’on puisse donner d’un guerrier. Toute l’armée est contre Iphigénie, et son sort est douteux tant qu’Achille est pour elle; les Dieux mèm’S sont partagés. L’image est grande sans enflure.» (L. Racine.)

N’oublions pas toutefois que cette belle expression [partager les dieux) avait déjà été employée par Corneille (1662) dans Sertorius (ii, 1) :

Et que son propre sang en faveur de ces lieux Balance les destins et partage les dieux.

V. 1740. Uœil farouche, l'air sombre et le poil hérissé. — « On dit dans la conversation poil pour cheveux : mil a le poil grisou. » Soit qu’on prenne ici ce mot pour les cheveux ou pour la barbe, il fait quelque peine en vers. » (L. Racine.) — Ce mot n’a dû faire aucune peine aux spectateurs de 1674.

«On ne connaissait pas autrefois, dit Richelet, la distinction des cheveux et du poil. Desportes, dans un même sonnet, a confondu l’un et l’autre et a dit dans son sonnet 8 :

De ses dorez cheveux mon cœur est arrêté.

Et un peu plus bas :

Ses cheveux du soleil effacent la beauté : et immédiatement après :

Son bel œil me ravit, son poil doré me tient. »

Dans l’An%o/?e de Rotrou, Jocaste dit (i, l)en parlant d’elle-méme: Allons tôt, c’est trop d’ordre en ce désordre extrême .

Ce poil mal ordonné, cette confusion Me sera bien séante en ''elle occasion.

Cf. Corneille [Suite du Ment., i, 4) :

L’antre est de moindre taille, il a le poil plus blond

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