SCÈNE VIII
ÉRIPHILE, DORIS
ÉRIPHILE
Dieux, qui voyez ma honte, où me dois-je cacher? Orgueilleuse rivale, on t’aime, et tu murmures ! Soulfrirai-je à la fois ta gloire et tes injures?
V. 746. Moi-même dans Argos je l'aurais devancée. Je serais arrivé à Argos avant qu’lphigénie n’en fût partie avec sa mère pour aller à Aulis.
— Au vers 741, on lit Mycène. Dans la Préface'. « Iphigénie qu’il a, dit-il, laissée à Mycène, dans sa maison. » — Au vers 94 : «J’écrivis en Argos. n
— Au vers 130 : « Suis sans t’arrêter le chemin de Mycène, etc., etc. Racine emploie indifféremment ces deux noms de villes, pour indiquer la résidence d’Agamemnon. — Mycène ou Mycènes' [Myceîiæ-arum] était à environ six milles au N.-E. d’Argos. Mycènes fut la résidence royale d’Atrée et de son fils Agamemnon ; mais, sous Oreste, Argos recouvra la suprématie.
V. 756. Où me dois-je cacher? Voir, pour cette construction, la note du vers 157.
V. 758. Injures. — Luneau de Boisgermain trouve que le mot injures, dans le sens ô'mvectives, n’est pas «noble» en poésie. Il va même jusqu’à déclarer qu'injure, signifiant parole injurieuse, est une expression « basse et triviale.» Cela fait sourire, et l’on comprend la colère de V. Hugo, [Contemplations, liv. 1®‘‘. «Réponse à un acte d’accusation») s’indignant de trouver
Les mots, bien ou mal mis, vivant parqués en castes,
et s’écriant :
Plus de mot sénateur, plus de mot roturier 1 Seulement V. Hugo a tort de croire que Racine regardait de travers les mots «roturiers.» On rencontre assez souvent dans Racine des mots d’une grande énergie et que maint commentateur déclare « bas et indignes de la poésie. » — On retrouve le mot injures dans Andromaque (iv, 3) ; Si je vous aime! ô dieux! Mes serments, mes parjures,
Ma fuite, mon retour, mes respects, mes injures.
Mon désespoir, mes yeux, toujours de pleurs noyés,
Quels témoins croirez-vous, si vous ne les croyez ?