‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 11 sur 62 · ACTE I 3l · texte numérisé non relu

ACTE I 3l

A mon tour, j'y mettrai quelque discrétion.

Souviens-toi bien du temps où tu brûlais d'envie De commander les Grecs aux champs de laPhrygie; Où, sous un air modeste, une fausse pudeur, Tu n'en savais que mieux convoiter cet honneur. Dehors, dans ta maison, tu prodiguais ta vue; A quiconque voulait ta main était tendue, Ta main était tendue à qui ne voulait pas.

Ainsi sur tes rivaux enfin tu l'emportas.

Oui, tu te déguisais pour gagner le suffrage Des chefs et des soldats ; mais cet homme soumis S'est montré tout à coup avec son vrai visage; Il a fermé sa porte à ses anciens amis.

Plus tard, lorsque le ciel, à nos desseins hostile. Enchaîna dans Aulis notre ardeur inutile.

Nous refusant les vents, à quel air abattu Fit place, souviens-toi, ta première arrogance I Comme tu gémissais I Mon frère, disais-tu.

De ce sort qui nous nuit conjurons Tinfluence ! Faut-il dans nos États retourner sans honneur

^^ IPHIGBNIB

Et qu'Hélène demeure avec son ravisseur?

Tes plaintes et tes cris allég^uaient mon outragée, Et tu n'étais touché que de ton seul dommage. Tu consultes Toracle, et le devin Calchas, Qui sans Taveu des dieux ne prophétise pas, Afin que nos vaisseaux fendent la mer Egée, Afin que Troie un jour par nous soit saccagée. Ordonne d'immoler ta fille sur l'autel.

Que faisait-il alors, ton grand cœur paternel? N'as-tu pas librement promis le sacrifice?

N'as-tu pas de l'hymen comploté l'artifice?

Parle : qui t'a forcé? Puis, tu changes d'avis : Ce sacrifice affreux, tu ne l'as plus promis. Une telle pensée oflFense ta tendresse.

Tu sauveras ta fille, et périsse la Grèce î Ah! qu'un roi de ta sorte, et volage, et rusé. Qui se masque toujours d'un propos déguisé.

Traître à ses alliés, à son peuple funestp, Mérite qu'on le blâme I... Et que je le déteste!

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