‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 12 sur 62 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

LE CHŒUR

Âhl jamais le courroux de la divinité

Et les astres contraires Nous sauront-ils tramer un mal plus redouté

Que la haine entre frères ?

AGAMEMNON

Je t'accuse à mon tour, mais je te parlerai

Sans trop enfler la voix, sans lever les paupières

Insolemment. Écoute, et je me souviendrai

Et quel est notre rang et que nous sommes frères.

Je m'étonne vraiment, voyant ce que ton cœur

Communique à tes yeux, contre moi, de fureur 1

En quoi t'ai-je offensé? Depuis quand? Ton Hélène

Abandonna ta couche, oubliant la pudeur.

Tu la gardais bien mal. Dois-je en porter la peine?.. •

Si l'intérêt des Grecs et ton propre intérêt

Et même, j'y consens, peut-être le regret

34 IPHIGÉN»

De Toir s'évanouir ma puissance naissante, Assaillirent mon âme et m'aveuglèrent tant Que j'ai promis la mort de ma fille innocente, Les droits de la nature enfin se révoltant M'ont dessillé la vue et j'ai connu mon crime. Sur l'autel d'Artémis manquera la victime, Et tu pâlis de rage, et tu n'es pas content 1 Je ne suis qu'à blâmer, dis-tu? Toi qui ne cesses De soupirer après de honteuses mollesses, Qui pour l'honnêteté ne montres que mépris, D'une femme adultère indignement épris, Es-tu sage, en effet, et faut-il qu'on t'admire? Voilà brièvement ce que j'avais à dire, Et si tu ne veux pas te rendre à la raison.

Moi, je saurai du moins gouverner ma maison.

Quant à tous ces serments exigés par Tyndare, Ce sont propos d'amants que le désir égare.

Et pour un esprit sain, c'est outrager les dieux Que de se figurer qu'ils les estiment mieux.

Non, violant les lois du ciel et de la terre,

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