ACTE I
Laissons là cette guerre et le traître troyen : ] Vouons tout à Toubli, je ne réclame rien.
On dira qu'une femme et ses perfides charmes Avaient alimenté mes aveugles fureurs, Et que le désespoir d'un frère, que ses larmes M'ont fait connaître enfin des sentiments meilleurs. A rhomme, tôt ou tard, qui n'est point sans remède Dans le vice endurci, la raison vient en aide.
LE CHŒUR
Le bien succède au mal ; certes, il a raison,
Qui se montre ainsi sage.
O noble repentir, ô généreux langage,
Digne de ta maison I
AGAMEMNON
Un amour efifréné, Tappât de la richesse, Souvent entre parents corrompent la tendresse ; [>e la corruption naît le dissentiment,
Qui verse Tamertume à tous également.
Que j'aime ce discours, Ménélas, dans ta bouche 1
J'admire ta raison, ton amitié me touche.
Mais que pouvons-nous donc contre l'extrémité
Où nous poussent le ciel et la nécessité?
Il faut, il faut, hélas I que mon bras accomplisse
De ma fille aujourd'hui le sanglant sacrifice.
MÉNÉLAS Et qui t'imposera sa mort?
AGAMEMNON
Tous nos soldats, Les soldats et les chefs.
MÉNÉLAS
Ils ne le pourront pas, Si ta fille aussitôt retourne dans Mycène.