ACTE I
El la félicité comme une ombre s'efface.
MÉNÉLAS Mon frère, laisse- moi toucher ta main.
AGAMEMNON
Le sort, Je le vois, m'est contraire, et c'est toi le plus fort : Voici ma main.
MÉNÉLAS
Écoute, Âgamemnon, mon frère :
Par notre père Atrée et par Pélops aussi.
Source de notre sang, je veux jurer ici Que je parle à présent d'une bouche sincère.
La pitié me saisit, et je plains tes malheurs ; Tu peux voir que mes yeux répondent à tes pleurs. Aurais-je en vérité des droits, je te les quitte ; A de nouveaux desseins ton intérêt m'invite.
En te causant des maux, des miens puis-je sortir?
Serais-je dans la joie en te voyant souffrir?
Non, non, je ne veux pas que ta maison périsse
Par la faute d'Hélène et par mon injustice I
Les torches de Thymen peuvent se rallumer,
Mais pour ceux qu'au tombeau la mort vient d'enferJ
Ceux qui se sont faits cendre, il n'est point d'étince
Qui dissipe jamais leur nuit perpétuelle.
J'avais la rage au cœur et j*étais insensé.
Mais je vois à présent que j'avais mal pensé.
Ah I celle dont l'oracle a demandé la vie.
N'est-ce pas ton enfant, ta belle Iphigénie?
Oui, c'est le sang d'un frère, et sous le fer cruel
Du même coup le mien arroserait l'autel.
Sèche, sèche tes pleurs, que l'ancienne flamme
Brille encor dans tes yeux, rassérène ton âme;
L'ennui qui te pressait si fort auparavant
N'est plus qu'une buée éparpillée au vent.
Ces vaisseaux sont ici désormais inutiles ;
Que les Grecs alliés retournent dans leurs villes I