SCÈNE V AGAMEMNON, LE CHŒUR
AGAMEMNON
Par où donc échapper ? C'est une main de fer Qui me tient. Pour tromper ce que j'ai de plus cher Je ruse sans profit ; justement obstinée, Clytemnestre s'irrite et ne m'écoute pas.
Elle va célébrer un funèbre hyménée.
Crime dénaturé, te commettrai-je, hélas ! Mais ce meurtre odieux qui de tous biens me prive, Ce sera la rançon de la flotte captive,
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De cette guerre aussi les prémices heureux,
Qu'attendent tous ces chefs, de combats amoureux.
C'en est fait, je me rends. Ah! différons encore!
Non, non,je ne veux pas verser le sang des miens!
Mais que dira de moi la fleur des Argiens
Qui d'un titre sacré m'investit et m'honore ?
Où fixer, et comment, un courage emporté
Au souffle impétueux de la nécessité ?
Les dieux souffriront-ils ma désobéissance?
Puis-je trahir la Grèce et rompre l'alliance ?
Une aveugle fureur me force à tout oser.
Je la livre à l'autel, à quoi bon m'opposer?
Je t'y verrai monter, défaillante, éperdue,
Et je supporterai, ma fille, cette vue.
Ni tes beaux yeux en pleurs, ni ton dernier appel,
N'écarteront tes pas, ma fille, de Tautel :
C'est là que j'ai dressé ta nuptiale couche.
Par mon ordre, un bâillon, te va fermer la bouche,
Car comment maintenant entendrais-je ta voix ?
Je l'entendais, hélas! me charmer autrefois.
80 IPHIGÉN»
Quand nous vivions heureux au palais de Mycène, Quand les dieux bienveillants m'épargnaient toute peu C'est assez, et courons, sans plus nous plaindre en va Une dernière fois consulter le devin.
(Il sort.)
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