‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 32 sur 62 · SCÈNE III ACHILLE, CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

SCÈNE III ACHILLE, CLYTEMNESTRE

CLYTEMNESTRE

En enleodaiit ta voix, ô fils de la déesse,

J'ai quitté ma demeure et j'accours où me presse

Mon cœur impatient de sa félicité.

ACHILLE, à part.

Quelle est donc cette femme à la noble beauté ? Sainte pudeur I

(A Clyteiunesire.)

Ici, tout respire la guerre:

ces lieuxjdaascecamp, femme, que viens-tufaire aie? Qui donc es-tu?

CLYTBBINBSTRE

Clytemneslre est mon nom; naquis de Léda, l'Atride Agamemnon t mon époux.

En peu de mots tu viens de dire, urne, ce qu'il fallait. Mais que je me retire, r je crains d'offenser ton époux, si mes jeux ml te regarder plus longtemps.

GLYTEMNESTRE

Non, tu peux, peux me regarder, Achille, sans offense, ime ta retenue et j'aime ta prudence,

JLCtE III 93

Et pourtant je te dis : Mets ta main dans ma main, Puisqu'aussi cher qu'un fils tu me seras demain !

ACHILLE Gomment Toser, ô femme, et que viens- je d'entendre?

CLYTEMNESTRE

Oui, tu le dois oser et je puis le prétendre, Maintenant que l'hymen heureux et souhaité Va te joindre à ma fille.

ACHILLE

femme, en vérité, Laissons là cet hymen [: ma surprise est extrême. De quoi me parles-tu? Le sais-tu bien toi-même?

CLYTEMNESTRE

Tu ne me blesses point, Achille : il est permis

De tenir ce langage à de nouveaux amis Et de trop de vertu cette pudeur m'assure.

Je n'ai pas recherché ta fille, je le jure, Et l'Atride jamais d'une telle union Ne donna l'espérance à mon ambition.

CLYTEMNESTRE

N'est-ce pas mon époux dont le message ordonne De presser cet hymen ? A mon tour je m'étonne De t'entendre parler. Fils de Thétis, eh quoi t Gomment, à quelle fin s'est-on joué de moi ?

Saurais-je t'éclairer, ô femme, et que répondrel Mais trouvons le coupable, et je cours le confondre.

Page 1