‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 37 sur 62 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

[ Achille, prends pitié, viens en aide à ma fille. Ose étendre sur nous ton invincible main, Car tu peux arrêter notre horrible destin.

ACHILLE

^ Je sais être prudent quand il le faut, et même Je sais me défier d'une sagesse extrême.

L'infortune m'afflige, et la prospérité.

Réjouissant mon cœur, ne Ta pas exalté.

Mon zèle est circonspect, mais je n'ai point de crainte D'agir sans hésiter, ayant pensé sans feinte. Car les enseignements du vertueux Chiron Ont façonné jadis ma naissante raison.

Les armes à la main, je saurai satisfaire.

Ici comme partout, aux devoirs de la guerre.

Toi, Reine, puisque ceux qui te sont le plus chers Te trament sans pitié les maux les plus amers, Compte surmonsecours: quoiquebienjeuneencore, Je bra^ les plus vieux quand l'infortune implore.

I08 IPHIGiNIE

Je sauverai ta fille et je ne souffre pas Qu'on emprunte mon nom pour des assassinats.

Oui, puisqu'à cet oracle Agamemnon défère, Je saurai l'empêcher d'être un indigne père, Et ce sang innocent qu'il aura seul versé, Il ne me convient pas d'en être éclaboussé.

Par la nymphe Thétis, par toute ma famille, Par mon père héros, mon aïeul immortel, Non, tu ne verras pas, noble Reine, ta fille Sous de barbares mains expirante à l'autel.

Peut-être que Calchas, à lui-même fatales.

Consacre en ce moment l'orge et les eaux lustrales. Qu'est-ce donc à la fin que ces devins fameux Dont la bouche à tout coup nous fait parler les dieux ? Pour quelques vérités que le hasard leur livre, Parmi combien d'erreurs il nous faudrait les suivre!

CLYTEMNESTRE

Je sens, je sens déjà plus calme mes douleurs.

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