ACTE V l
Je cours, plus d'une fois je fus presque en danger...
CLYTEMNESTRE
En danger? et comment ?
ACHILLE
De périr sous les pierres.
CLYTEMNESTRE
Qui donc des Grecs se montre assez audacieux Pour affronter Achille, issu du sang des dieux?
ACHILLE
Ceux qui vinrent suivant ton époux et son frère. Les Thébains, engendrés des enfants de la Terre, Les compagnons d'Âjax, tous, la plupart des miens : Ils osent m'appeler esclave des liens Du mariage.
l4B IPUIGÉNIB
CLYTEMNESTRE
peste, ô multitude ingrate 1 Mais si je brave enfin leur fureur scélérate, Si je garde ma fille et ne la livre pas, Achille, viendront-ils l'arracher de mes bras?
ACHILLE
Pour entraîner ta fille et presser son supplice.
Ils viendront en grand nombre et conduits par UIjsso
CLYTEMNESTRE
Ce fourbe, rejeton de Sisyphe?
ACHILLE
Vraiment,
Lui-même.
CLYTEMNESTRE
perfidie! indigne égarement!
misérable cœur I se peul-il qa'îl consente A se souiller du sang d'une vierge innocente?
ACHILLE Je veux l'en empécbei.
CLYTEMNESTRE
A quoi bon y songer ?
Ha SUe, je la perds, on va me l'égorger.
ACHILLE Von, je la défendrai.
CLYTEMNESTRE
Seul contre tons?
1 50 IPHIGÉNIB
ACHILLE, montrant les soldats de son escorte.
Près d'elle, Reine, je placerai cette garde fidèle.
CLYTEMNESTRE Un favorable dieu puisse te seconder!
ACHILLE
Entre les Grecs et vous mon bras va décider.
Une plus haute voix et me parle et m'appelle. Et je dépouille enfin ma faiblesse mortelle.
Pourquoi te plaindre en vain et contre ton époux Aigrir ainsi ton cœur, ma mère? Devons-nous, En insultant aux dieux qui marquent nos journées, Prétendre à détourner le cours des destinées? Non, mais craignons plutôt qu'aggravant notre sort D'autres malheurs plus grands ne précèdent ma mor
l52 IPHIG^NIK
Sans que nous effacions la honte de l'outrage?
Ces milliers de soldats, ces chefs au grand courage,
Volant de toutes parts pour venger leur pays,
La fille de leur roi les aura donc trahis?
Va-t-clle fatiguer, inutile, la rame,
Les bras des matelots à cause d'une femme?
Lorsqu'Artémis ordonne, ai-je la liberté
De refuser ma vie à la divinité?
Venez, conduisez-moi, devant toute la Grèce,
Sur le terrible autel de la tièré déesse.
Venez, immolez-moi : je verrai sans horreur
Se lever le couteau du sacrificateur.
Qu'on répande mon sang; la terre de Phry jie
De ce sang virginal sera bientôt rougie;
Et partout Ton verra nos guerriers triomphants.
Ce sera mon hymen, mon époux, mes enfants;
LE CHŒUR
Que ton âme est bien née, Fille d'Agamemnon, tu n'as pas mérité
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