LITRE VI
des cours; et l'orphelin, dûméht endoctriné; promet de s'observer avec soin.
En attendant l'iidiire où les paladins se rendront au palais , Alamède a désiré voir le fameux cortège du prince d'amour > et d'mi des balcons de la ville, où lui. et son maître ont pris place , il contemple ce grand spectacle (i).
Sur un char de bronze doré , construit à la manière romaine , et traîné par quatre coursiers blancs couverts de housses en velours bleu semé de pierreries, le beau Ra-
(1) Toute la description qu'on va lire est de la plus exacte yérité. Je n'ai rien ajouté, rien brodé j et ceux qui ont vu avant la révolution cette procession célèbre reconnaîtront la vérité de mes tableaux. Au siècle dernier, elle était encore organisée de la même manière qu'aux siècles antécédens : on avait seulement supprimé le prince d'amour ; il en coûtait trop à celui qui était appelé à remplir ce rôle. Napoléon voulut rétablir cette fête , et elle eut encore lieu deux ou trois fois il y a peu d'années.
26o IPSIBOÉ.
mire de Monteil a paru. Un manteau de pourpre doublé d'hermine est drapé majestueusement sur ses épaules; et, comme les triomphateurs du Capitole, il rappellerait les anciens Césars , si les attributs de l'amour n'entouraient son siège royal et ne flottaient sur ses bannières.
Après lui s'avance un déplorable monarque vêtu d'une casaque cramoisie à franges jaunes. Il est à pied , dépouillé de tous les prestiges de la souveraineté , et porte une couronne dérisoire. Des diables maies et femelles le poursuivent avec des fourches. Sa majesté, au milieu d'eux, élevant un sceptre impuissant , se défend et commande en vain ; les vrais maîtres sont les démons : le roi , se débattant quelque peu pour éviter d'être abattu , tantôt saute à droite , tantôt saute à gauche ; et ce jeu burlesque finit par des culbutes générales et des risées universelles (i).
(i) Je le répète encore, toute cette description est tirée mot à mot tle différens écrivains véri-