‹ IpsiboéChapitre 122 sur 287 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Vient ensuite , appuyé sur une croix de bois , un enfant en corset blanc, nommé la petite âme; des esprits infernaux portant des simarres noires à flammes rouges, des cornes à longues pointes, et des ceintures à sonnettes , veulent s'emparer de lui; mais des anges à grandes ailes , le dos rembourré de coussins , défendent le jeune innocent. Les massues des fils de l'abîme frappent à coups redoublés les gardiens à plume aérienne ; mais les coussins préservent les anges j la petite âme est sauvée ; et , dans l'ivresse de sa joie, le Ciel, s'oubliantun instant, danse une ronde avec l'Enfer.

Au bout d'un bâton argenté, quel magnifique objet se présente ?... C'est le Veau d'or environné d'adorateurs. Moïse et un grand-prétre apparaissent avec les tables de la loi ; ils sont hués par les Hébreux ; et

diques. Pour ne pas multiplier les notes , je renvoie le lecteur incrédule à l'abbé Papon , Voyage de Pro9encejX.l\,T^, 5i et suiv.

le Veau renverse les Tables. Cela s'appelait, au bon vieux temps , une cérémonie religieuse.

Mais quelle beauté suit Moïse? La

noble reine de Saba. Ses dames d'atour l'escortent , une coupe d'argent à la main. Belle comme l'Etliiopie brûlante , noire comme la prune sauvage , elle va rendre une visite à Salomon ; et à cet effet elle a jugé convenjable de se faire accompagner d'un sauteur lestement vêtu , les genoux chargés de grelots, et levant au haut d'une épée un petit château de carton. Ce bel écuyer danse autour d'elle, et la reine bat la mesure. Que de grâces! que de séductions !

Paix! les trois Mages s'approchent, précédés d'une étoile en l'air que tient un moine à barbe blanche. Ils ont au front un diadème, et leurs pages un pain de sucre. Ils marchent quand Tétoile avance j quand elle s'arrête, ils restent immobiles : c'est la boussole des monarques. Imitant les moi> vemens du régulateur, ils vont et viennent cà cl là sans savoir ce qu'ils ont à faire.

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