LIVRE VI. 3o
)) que décidez-vous ? Déclarez-nous votre » pensée. »
L'orphelin paraît réfléchir : puis d'un air grave et solennel : « — Seigneurs et )) frères , répond-il , j'ai toujours haï les » mystères; néanmoins il est certains cas » où je vois leur nécessité. Relativement )) au comte Edgar, il ne m'appartient point )) de m'expliquer; je dois laisser lihres vos )) votes ; et sur ma position actuelle, j'ai les » plus puissantes raisons pour vous taire ici )) ma pensée. »
Le ton de dignité mystérieuse du président a produit le plus grand effet. L'assemblée applaudit à sa noble réserve, à son extrême délicatesse ; et l'un de ses principaux membres , se disant , en un long discours, l'ennemi de la flatterie, l'a proclamé le roi des sages.
La discussion recommence. Divers harangueurs , emportés par le feu oratoire, adressent, selon la coutume, difîérentes injures a divers préopinans; et, ce préalable rempli , l'avis du sire ds Yalbelle l'emporte
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à la majorité. Le comte Edgar, caché dans Aix , ne se montrera point encore.
Le duc de Roquemire s'adressant alors à l'orphelin : ce — Seigneur! lui dit-il, la )) dame de Saint-Chrisogone a dû avoir mis )) sous vos yeux les trois premiers articles n du grand pacte; le conseil désire con- » naître s'ils ont eu votre approbation.
)) — Noble duc ! répond Alamède , ce que » la sagesse a conçu, ce que la justice a ré- » glé , ce que la religion sanctionne , ne » pourrait être rejeté que par l'homme :» inepte ou pervers. Le comte Edgar, jusqu'à )) ce jour, ne s'est montré ni l'un ni l'autre ; 3) mais, hélas! il peut s'appliquer ce vers » d'un troubadour fameux sur l'homme au )) printemps de la vie : Il sait à peine )) ce qu^il est , peut-il savoir ce qu'il y) sera (i)? »
Cette singulière réponse, modeste , éva- ^i^e et pompeuse, est accueillie avec sur-
[\) Hktoije des troubadours.