LIVRE \'I. OOD
prise. L'assemblée n'est pas satisfaite , mais du moins n'est pas mécontente.
(( — Un nouveau code se rédige , cohti- )) nue le chef templier. Dix-liuit cents lois )) sont déjà faites 5 vous devront-elles être y) soumises?
» — Dix-huit cents lois m'être soumi- » s€s„.. ! «répond le malin écuyer. « Puis- » que c'est votre vœu, j'y consens. »
Mais qu'entendait le jouvencel par ces paroles , ce /oï5 soumises?..., » Ce qu'il plaît aux princes d'entendre.
Le haut nombre de dix-huit cents étonnait au douzième siècle : qu'auraient pensé les preux d'alors, si, perçant le sombre avenir, ils eussent pu voir chez certain peuple le gi^and et magnifique dépôt de quarante-cinq MILLE lois!....
i( — Comte Edgar .' dit l'évêque de M Marseille, avez-vous, à Saint -Chriso- » gone , juré haine à l'usurpatrice?
» — Je me suis d'abord pénétré, y> réplique l'élève d'Eral , » des règles et statuts « de notre ordre.... et je n'interroge per- « sonne. "» .!:,..,
3*5 Edit. Tome I. nS
JOO IPSIBOE.
Foulques est demeuré stupéfait. Le page d'Aiguemar s'est levé : (( — Doctes cheva- » liers î » s'écrie-t-il avec son inébranlable assurance , « la fatigue d'une longue route » et la nécessité du repos me contraignent » à vous quitter. Déjà la nuit est avancée ; y) je sens que mes esprits sont troublés ; » j'ai besoin de me recueillir. Au retour » du duc, dans trois jours, ici, à l'heure )) accoutumée , nous nous réunirons de » nouveau. Yivement touché de votre ac- » cueil,lecomteEdgarvousenrend grâces..»
Il s'arrête , il voudrait poursuivre ; mais trop parler est imprudent : d'une voix sonore il poursuit :
(( — Seigneurs! la séance est levée. »
La transition était brusque et les remercîmens étaient courts. Mais il s'est élancé de son siège avec une aisance si noble; il a descendu de l'estrade en saluant avec tant d'élégance ; il sourit d'un air si bienveillant à tous les membres du conseil; il se peint tant de satisfaction en son regard vif et courtois, que personne n'a osé blâmer ni ses actes ni son langage.