‹ IpsiboéChapitre 168 sur 287 · LIVRE A^III. 5l · texte numérisé non relu

LIVRE A^III. 5l

» du hameau d'Alhert,is. Seigneurs, j'ai » paru, j'ai parlé... Ma voix ne s'est point » perdue dans le désert; et la semence fé- » conde est tombée sur le terrain fertile.

)) J'ai présenté le traité d'alliance qui » vous est connu, les articles en ont été d'ay> bord discutés, puis a^iendés selon l'u- 3» sage;... enfin, tel que nous l'espérions, » je vous le rapporte signé. »

Déroulant, à ces mots, un long parchemin aux yeux des titulaires de l'Ordre, il leur montre, apposés au bas de l'acte, la signature et le sceau des souverains de Toulouse et de Forçalquier.

« — Nos puissans auxiliaires, continue- » t-il, seront aux portes d'Aix avant peu. y) Leurs armées sont à la frontière ; la fille >; de Raymond n'a que peu de troupes à )) leur opposer ; et le nord de la Provence » sera promptement envahi. Vous le voyez » par ce traité, l'intçntion des princes coa- )) lises n'est point de conquérir pour accroî- )) tre leurs états; mais pour relever le trône )) légitime, çt rendre à l'auguste famille des » ÊQzons le sceptre usurpé par une y^ce

)!) étrangère. La justice parle à leur âme, )) et l'honneur seul arme leurs bras. »

Mais le cœur loyal d'Alamède a dû frémir à ce discours. Eh quoi! les régénérateurs, appelant des armées étrangères, vont exposer le royaume aux ravages de la guerre ! . . . Yoilà donc leur patriotisme ! . . . Alamède ne sourit plus, et sa gaîté a disparu. 11 prend la parole à son tour :

(( — Seigneurs, vos alliés, dites-vous, ne » viennent envahir nos terres que pour nous r> délivrer de nos chaînes? Ah ! l'histoire » vous ouvre ses pages j de tels astres libé- » rateurs sont des météores incendiaires ; » et les trônes qu'ils rétablissent sont de )} branlans échafaudages, y)

Ces mots ont étonné l'assemblée , et produit sur quelques esprits une vive sensation ; mais les principaux membres murmurent, et le grand-maître lui répond :

(( — De tous les malheurs d'une nation, » le pins horrible est l'esclavage ; et quoi de )) plus honteux pour elle que le joug d'un » usurpateur!... Quand une plaie est em- » poisonnée, un fer rougi dans un I)rasier,

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