‹ IpsiboéChapitre 174 sur 287 · LIVRE vrn · texte numérisé non relu

LIVRE vrn

valiers de notre siècle vont aux autels à mollis de frais.

U aventureux est d'une taille élancée, mais d'une maigreur efFrayante. Ses joues sont creuses et livides, ses yeux ternes et renfoncés. Son corps demi-nu n'est qu'ossemens, fibres et muscles. Alamède l'eût pris pour le héros de la Manclie , si l'amant de Dulcinée eût fait parler de lui sur la terre seulement cinq cents ans plus tôt.

Le chevalier à la camise, remarquant la démarche chancelante de l'élève d'Eral, retient la bride de son cheval, et d'un ton railleur l'apostrophe : « — Damoisel aux )) lourdes ferrailles ! ta fatigue m'accable , » assieds-toi.

» — Squelette au risible linceul ! » répond gravement l'orphelin, « ta nudité » m'effraie, couvre-toi.

))-^ Jamais, continue l'étranger, tune » graviras cette côte. Piéton ! tu ne peux y) plus marcher.

)) — Descends de cheval^ dit Alamède; )) et si tes os mal joints te soutiennent, » spectre ! je te défie à la course.

» — Toi ! répète en riant l'inconnu ; )) branlant arsenal ! toi courir .'...

)) — Preux diaphane ! je t'attends, »

répond le jouvencel d' Aigueraar : « s'il coule » autant de sang dans tes veines qu'il man- )) que de chair sous ta peau, tu accepteras )) mon défi j sinon je te déclare un lâche.... » Le vainqueur , selon la coutume , aura » les armes du vaincu.

» — Or sus, déshabille-toi d'avance ! » s'écrie le chef à la camise.

Et , descendu de son coursier , qu'il laisse paître au pied d'un arbre , il s'avance d'un air moqueur vers son malin antagoniste :

«. — Me voici prêt , a-t-il repris : le but » est le sommet de ce mont : allons, masse y> affaissée ! remue-toi.

M — Je t'accorde vingt pas d'avance , » dit l'ancien page sans bouger; a triste et )) long mât , enfle les voiles ! Pars , Hippoyy mène décharné ! »

Le clievalier a pris sa course. Son essor est rapide. Son costume aérien ne gêne aucun de ses mouvemens ; et ne regardant point en arrière, de crainte de ralentir

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