LIVRE ÎX. Io
» des rochers, des torrens, des forêts et du » désert?...... Pourriez - vous m'expliquer
» cet air qui murmure une voix,- cette tem,- » péte qui dît peut-être ; cette âme qui m,ys' y) térieusement s'évapore ; cette vie qui est » un doute amer ; et cet enthousiasme qui M est le De profundis de V amour?....
» — La poésie de l'âme, )) répond le sénéchal , c( poésie qui va faire tomber à ja- » mais toutes les autres , est comme la Di- » vinité même ; elle se sent et ne s'explique » point. Etendue comme l'infini, elle est » un accord échappé des concerts du palais » céleste , des chœurs de l'éternel amour.
» — L'accord est descendu de trop ))haut, » interrompt l'élève d'Eral; a il » s'est perdu dans les espaces^ et la route » a faussé le son. »
Un juge instruit les écoutait j il prend la parole en ces termes :
« — Il n'est point en littérature de genre » qui doive faire proscrire les autres : tous » ont leur charme et leur pouvoir. Le chan- » tre absurde qui les traite les rend égale- » ment ridicules 5 mais qu'au hasard sur
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yy chacun d'eux le génie exerce sa plume ^
» le sublime sera partout. »
Mais un troubadour s'est levé , la cigale d'or brille à son front (i); il prélude sur sa mandore , et d'une voix tendre et flexible il chante cet hymne à la reine.
Fille des lie'ros et des rois !
Astre brillant de la Provence !
Ta gloire égale ta puissance :
Heureux qui naquit sous tes lois !
Ah ! tous les trésors d'un empire , Tous les sceptres des souverains , Valent-ils pour nos paladins Un doux regard de Zenaïre !
Ali! soyez, tous, ses défenseurs, O vous qui cherchez la victoire!
Elle est Ja fille de la gloire , ■ Comme elle est la reine des cœurs.
Bardes, que le génie inspire!
Guerriers , que charment les combats !
(i) Les troubadours attachaient, les jom's .de grande cérémonie , une cigale d'or à leurs toques ombragées d'aigrettes. (Voyez Hist. de,s trouha^ dours. ) Les poètes grecs , selon Platon , portaient aussi quelquefois à leur coiffure une cigale d'or.