‹ IpsiboéChapitre 195 sur 287 · LIVRE IX. lOD · texte numérisé non relu

LIVRE IX. lOD

il n'est de céleste ici-bas Qu'un doux regard de Zénaïre.

3Iiuerve a formé son grand coeur; Partout les Grâces Tont suivie ; Hebe lai donna sa fraîcheur.

Et chaque Muse son génie.

Du Dieu d'amour elle a l'accent, De Vénus elle a le sourire :

Et le Ciel tout entier descend Dans le regard de Zénaïre.

La ScJle entière applaudit avec enthousiasme, et Faîtière souveraine témoigne au diantre sa satisfaction. Alamède seul n'a point mêlé ses acclamations à celles de l'assemblée. Le regard tant vanté de ZénaàVe est tombé sur lui avec l'expression d'une

froideur dédaigneuse En son cœur tout

parle contre elle ; et la secrète irritation de ses pensées s'accroît des flatteries du poëte.

Un autre fils de la Provence a modulé les vers suivans en s'accompagnant de la b^rpe.

Amour ! sur ta lyre attendrie Fête ime nouvelle Cypris !

IMoi , je célèbre ton génie , O moderne Sépiiramis!

io6 ipsiBoÉ.

Comme an héros tu tiens les rênes Du royal char des potentats ; Et le plus puissant des états Est à la plus belle des reines.

Elle est notre immortelle égide,

Notre sublime déiléj

N'ayons plus que sa voix pour guide

Et pour lois que sa volonté.

De Guillaume en nos vastes plaines

Elle a vaincu les légions :

La plus belle des nations

Est à la plus grande des reines.

Ces louanges outrées, ce concert d'adulations ont ravi tous les assistans; et l'impatience d'Alamède est à son plus haut période. Parmi les courtisans de la princesse il vient de reconnaître des membres de l'association secrète qu'il a présidée chez le duc de Roquemire ; et ce sont ceux dont les applaudissemens et les transports éclatent avec le plus de violence. L'orphelin connaît leurs véritables sentimens; et son courroux qu'il contient à peine, égale son indignation .

La fille de Raymond n'ignore point le talent musical d'Alamède : elle sait que jadis il avait formé le projet d'être trou-

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