LIVRE IX. l3l
0 point trompé votre attente : peut-être 0 que sachant mon nom....
» — Se peut-il ! » interrompt la dame le Saint-Chrisogone , « le mystère de ta I) naissance ne t'est point encore révélé!...))
Elle porte ses mains à son front, et pa-
-aît méditer profondément Le char
traversait alors les rues de la capitale; et es chevaux qui le traînaient, appartenant sans doute au duc de Roquemire , se dirigeaient, en redoublant de vitesse, vers le palais du templier.
« — O ma première protectrice ! » reprend le jouvencel suppliant, « de grâce » rompez le silence ! nommez-moi ceux à » qui je dois la vie ! »
Ipsiboé se lève brusquement; puis, debout sur son char^ lui montrant le dôme stei'nel, et dans l'attitude inspirée d'une prêtresse de l'ancienne Gaule : a — Ala- » mède ! » s'écrie-t-elle avec une force extraordinaire , (( j'en atteste la sphère divine » et les puissances invisibles qui m'entou- » rent et qui m'écoutent ; tu es Edgar ,
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» fils de Fernand; tu es le souverain lëgi- » time de ces immortelles contrées, le der- » nier enfant des Bozons , l'héritier des rois j) de Provence !
» — *Qui ? moi! y) répond l'élève d'Eral. « Moi, le fils de Fernand Bozon ! l'héritier y> des rois de Provence !.. Encore une ques- » tion, et ma mère ?....
)) — Ta mère !.... eh quoi ! tu le deman- » des ! ... la voix du sang est donc muette ! . . . )) ton cœur ne te dit point : (C la voilà ! »
Elle dit, lui ouvre ses bras avec amour, et Alamède s'y précipite. Mais , ô fatale étourderie ! l'imprudent , pour s'abandonner tout entier aux doux transports de la tendresse filiale , a jeté de côté les rênes du char qu'il conduit; et en ce moment une torche allumée à l'angle d'une rue ayant épouvanté leurs fouguenx coursiers, tous deux se cabrent et s'emportent.... Cruelle et déplorable aventure ! tandis qu'Ipsiboé serre son fils contre son sein, le cliar fuit comme enlevé par les vents ; et une de ses roues soudain montée sur un amas de