‹ IpsiboéChapitre 207 sur 287 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

) divin? )) Hélas ! et mon attente est

) trompée! Mes longues peines sont pei- ) dues ! O mon Alamède ! 6 mon fils ! pour ) ta mère , et pour tout un peuple , ici tu > devais être mi Eden , et tu n'es qu'un ) désert stérile. »

Sa tendresse exaltée , ses larmes éloquentes et sa douleur religieuse ont pénétré e cœur d' Alamède. Elle a repris sur lui son empire; et sous le poids de ses reproches ie jouvencel reste atterré.

lia sont soitis de la forêt. Déjà les murs l'Aix s'aperçoivent. En peu d'instans ils ierout aux portes de la ville. Ipsiboé, donlaut son char à guider à l'orphelin pour nieux se livrer tout entière aux inspirations de son âme , lève au ciel ses mains et s'écrie :

« — Grand Dieu ! bannis de sa pensée )) une image fatale ! Daigne extirper de son

» sein une flamme coupable ! La tem-

» pête gronde et s'avance , la foudre va » sillonner les nues , l'heure de la régéné- » ration sonne. Arbitre éternel, parle-lui !...

l3o JPSIBOÉ.

y> purifie la coupe royale d'où doit découler )) sur la Provence l'eau vive de la liberté ! » relève la tige des grands hommes ! et que » mon Edgar, repentant, au sein d'un y> nouvel Israël , montre un nouveau David » à la terre ! »

Les magiques rayons des astres de la nuit éclairaient son visage expressif. Les vents agitaient le panache noir qui ombrageait son front. Son char fendait les airs, semblable au tourbillon qui enlevait Hénoch. Alamède écoutait, surpris, comme Moïse au buisson ardent; et les vagues lueurs du firmament, on harmonie avec les mystérieuses prières d'Ipsiboé, jetaient sur cette scène imposante une solennité fantasmagorique.

L'orphelin ose enfin parler : » — Je suis )) moins coupable que vous ne pensez , dit- » il : apprenez que, par une cruelle fata- » lité, j'ai perdu, avant d'avoir pu le lire , )) l'écrit où vous me révéliez le secret de )) mon origine. J'ignore encore et qui je )) suis et à quoi je suis appelé. Peut-être » qu'éclairé sur mes destins, je n'eusse

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