‹ IpsiboéChapitre 23 sur 287 · LIVRE U · texte numérisé non relu

LIVRE U

Languit h la fleur de son âge,

Un jouvencel.

N'a-t-il donc point sur cette terre

Quelque soutien?

Il devrait le croire , il l'espère....

Il n'en sait rien.

Beau captif! une voix t'appelle....

C'est un signal.

Serait-ce un preux, ami fidèle?

Non, un vassal.

Helas ! qu'importe sa naissance !

Il t'aime bien.

Les grands prendront-ils ta de'fenseî

On n'en sait rien.

Autour de ces murs quel silence !

Nul protecteur.

Ce chantre a-t-il quelque puissance?..

Rien que son cœur.

Un cœur sans doute es| chose mince,

On le sait bien.

En avez-vous, marquis et prince?

On n'en sait rien.

A peine Izorin avait- il achevé son dernier couplet, que des bravos répétés l'apj)laudissent ; et de derrière une tourelle , la vieille Béatrix accourt à lui.

« — A merveille ! parfaitement ! s'écrie » la musicienne ravie : ce passage ,

4o IPSIBOÉ.

En avez-vous , marquis et prince ?

On n'en sait rien,

)) ce passage chromatique a élé \ igoureu- )) sèment attaqué. L'air est encliauleur ; » quant aux paroles, d'où sortent-elles? Je » ne les ai jamais entendues; et pourtant, )) j'ose m'en flatter, il est peu de coni- )) plaintes, de triolets et de sirventes que » je ne connaisse. Mon cher Izprin, tu es » en voixj chante-moi la romance de Cay> bestaing (i), dont la maîtresse mangea le » cœur ;c'estuneadmirablepenséenuisicale î

j) Bachelettcs et ménestrels!

» De Marguerite ojez l'histoire!

)) — Ma bonne dame Bcatrix, interrompt » tristemeni le pâtre, je clianterai tout ce

(i) La iauieuse histoire de Cal)ostaint; est trop connue pour que je la répète. Je remarquerai seulement qu'elle est la même que celle de Raoul de Coucy et de Gahrielle de Vergy : sans doute cette dernière a été copiée sur la première.

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