‹ IpsiboéChapitre 230 sur 287 · LIVRE xr · texte numérisé non relu

LIVRE xr

ouvre sa porte : et, sous la cabane indigente, du pain , du lait et des fruits n'ont pu leur être refusés.

Au fond de la hutte isolée est un misérable grabat , sur lequel une femme infirme et octogénaire est étendue douloureusement : ses yeux éteints par les années n'aperçoivent plus aucun objet ; son esprit n'a plus de pensées 3 et son occupation machinale est de rouler entre ses doigts, en prononçant quelque oraison , les noml^reux grains de son rosaire. Leur contact a pour elle un charme , et ce charme est consolateur. Le seul sentiment qui lui reste est l'instinct de la piété.

Son époux, non moins âgé qu'elle, est son unique soutien; il passe sa vie auprès de son lit à lui prodiguer des secours dont elle ne sent plus le prix , et n'a pour toute récompense de ses généreux soins qu'une voix intérieure qui le remercie en quelque sorte pour l'ancienne amie de son cœur.

Ce Philémon avait un filsj mais, appelé sous les drapeaux de son seigneur , il avait quitté ses parens et ne devait plus les re-

voir... Hélas ! le père inconsolable pleure nuit et jour son absence sous la chaumière abandonnée.

Les amans ont fait don au vieillard de plusieurs pièces d'or j sans lui apprendre leurs vrais noms , ils lui ont raconté le grand événement d'Ingolza, et le moyen miraculeux qui les avait tous deux sauvés ; puis avant la chute du jour, ils sortent , calmes et sereins, de la demeure liospitalière,

« — Cette contrée vous est connue , m demande Alamède à son hôte; « de quel » côté est Monterolles ?

)i — Vous traverserez la vallée par le » chemin de l'orient ; mais il vous faut yy un jour de marche pour arriver à ce châ- 7)teau.

„ — Et sur la route , cette nuit , où pour- » rions-nous trouver un asile ?

y) — Au fort du sire de Sabran.

» — ^Est-ce un loyal et généreux cbâte- » lain?

,) ^- Il est jeune, vaillant et brave. Il » s'est illustré par des faits d'armes glo-

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